Mail étonnant de Subscribor


(Camille Roux) #1

Bonjour,

Je viens de recevoir un mail étonnant de la part d’un service nommé Subscribor :

Je n’ai aucun autre mail de leur part et aucun souvenir d’avoir créé un compte chez eux. Le contenu de mon profil chez eux est clairement une copie de mon profil Hopwork.
La fin du mail semble confirmer que je n’ai à priori pas donné mon accord vu qu’ils proposent de le supprimer.

@hugo_lassiege vous avez un deal avec eux ?


(Vincent BILLETTE) #2

Bonsoir,

Je suis prêt à parier mon dessert de midi que le lien pour “prendre le contrôle de votre page” vous renvoie vers une proposition d’abonnement…


(Hugo Lassiege) #3

non aucun deal avec eux @camilleroux
Ils ont clairement scrappé le site sans aucun consentement et inscrit des gens de force chez eux.
Et je parie que le nom grisé c’est Christophe R qui est bizarrement le même qui est soi disant intéressé par tout les profils scrappés.
Ils ont ca de facon bourrine, ils ont même scrappé des personnes qui font partie de l’équipe.

On va les contacter pour leur rappeler quelques fondamentaux du droit francais, cnil toussa toussa.

En off je veux bien que tu me dises sur quel mail ils t’ont contacté.


(Camille Roux) #4

Ils pensent sûrement avoir une super idée de #growth-hacking !


(Vincent BILLETTE) #5

Oui bon c’est bien joli mais encore faudrait-il qu’ils aient effectivement violé une disposition légale quelconque. J’ai pas trop creusé car je vais pas bosser gratos un viquende - en semaine non plus jvouspréviens… - mais a priori je ne vois là rien d’illégal…


(Hugo Lassiege) #6

le scrapping c’est un thème qui revient assez souvent pour des sites web. Le premier point c’est déjà visé par cet article de loi : https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006279247&cidTexte=LEGITEXT000006069414

Le producteur de bases de données a le droit d’interdire :

1° L’extraction, par transfert permanent ou temporaire de la totalité ou d’une partie qualitativement ou quantitativement substantielle du contenu d’une base de données sur un autre support, par tout moyen et sous toute forme que ce soit ;

2° La réutilisation, par la mise à la disposition du public de la totalité ou d’une partie qualitativement ou quantitativement substantielle du contenu de la base, quelle qu’en soit la forme.

Et c’est effectivement interdit selon les conditions générales d’utilisation du site, chapitre XIV propriété intellectuelle https://www.malt.fr/legal

Ce seul élément est déjà suffisant pour tout ce qui concerne le scrapping en France.

Mais ici il ne s’agit pas d’objets, il s’agit de personne et donc on peut rajouter un second point, c’est lié à la propriété des données personnelles de chaque personne scrappé.

  • Le fait d’inscrire des personnes de force sur un listing commercial (Cf la Loi du 21 juin 2004 pour la Confiance dans l’Économie Numérique concernant les pratiques de l’emailing)
  • le fait de détenir un listing à vocation commercial avec des données personnelles (nom, prénom) sans que les personnes aient donné leur accord
  • le fait d’afficher ces informations sur un site, encore une fois sans l’accord de la personne.
    Déjà auparavant avec les directives de la CNIL et encore plus cette année avec l’arrivée de la RGPD cette année, l’ensemble des points cités plus haut posent un gros souci, notamment sur la notion de consentement des utilisateurs.

(Vincent BILLETTE) #7

Toutafé. Mais ça c’est l’affaire de Hopwork, pas des annonceurs, et je me situe du point de vue de l’annonceur.

… vous avez un lien avec Hopwork ? :sweat:

Je suis doute ; nous parlons de données qui sont publiques puisqu’elles ont fait l’objet d’une annonce destinée au public. A mon sens cela ne relève pas de la réglementation applicable à l’emailing mais à celle applicable aux annuaires, art 226-18-1 pén. Et là je ne suis pas a priori convaincu qu’ils soient en dehors des clous.


(Hugo Lassiege) #8

oui j’ai bien un lien avec Malt/Hopwork :wink: (co-fondateur et CTO)

Pour ce qui est de la RGPD, la notion de consentement sur l’utilisation de tes données est fondamentale dans la nouvelle mouture de la loi. Mais même sans la RGPD le fait d’être sur un site ne donne pas un droit à l’utilisation de ses données perso (nom, prénom, photo) sur un autre. Lorsqu’on s’inscrit sur un site on le fait dans le cadre des CGU du site en question. On accepte une certaine exploitation de ses données (en contrepartie d’un service). On signe explicitement un accord sur la réception de mails par exemple.
La RGPD va changer la notion de “privacy by design” et de la collecte du consentement, qui la est clairement pas respecté, mais l’utilisation de données perso était déjà encadré auparavant.

Pour ce qui est de l’emailing, le fait d’avoir son nom sur un site “publique” comme linkedin, malt, etc… ne donne pas le droit de pouvoir vous inscrire de force sur une mailing liste. La CNIL précise bien que vous devez être informé et avoir un droit de modification/controle sur les données qu’un organisme possède sur vous.


(Vincent BILLETTE) #9

Non, non, non… vous confondez la situation de Hopwork et celle de Camille.

D’abord le RGPD n’est pas encore applicable. Pointez vous devant eux en invoquant le RGPD, ils vont vous rire au nez.

On n’est pas sur de l’emailing mais sur du référencement dans un annuaire. Et par ailleurs je suis au courant : je vous ai donné le texte (le code pénal c’est un peu plus solide qu’une note de la CNIL…) ; or vous constaterez que Camille 1) a été prévenu et 2) qu’il a reçu un lien pour pourvoir se désinscrire ! Donc les deux conditions que vous évoquez sont parfaitement respectées.

Camille parlait d’un mail “étonnant”. Il n’a rien d’étonnant : c’est juste une obligation légale !

Votre position est donc différente. Vous, vous pouvez leur souffler dans les bronches.


(Frédéric Libaud) #10

Bonjour,

C’est le parfait exemple des limites et ce entre autres en matière “Grow Hacking” !

Ce n’est pas parce que les données sont aisément accessibles, qu’elles n’appartiennent à personnes.

En effet, il y a un cadre légal… A respecté ! Une mise en demeure s’impose donc !


(Mohamed Rambil) #11

Bonjour/bonsoir,
Je débarque un peu tard sur ce sujet mais j’ai reçu le même email, et un “message” du fameux Christophe R.
Une fois inscrit (gratuitement) sur subscribor, plus de trace de ce message bien sûr.
Et oui, profil scrappé sur Malt.

Leur modèle n’est pas inintéressant mais c’est vrai que l’inscription forcée m’a laissé pantois…

Mohamed


(Vincent BILLETTE) #12

“Votre naïveté est touchante” (Grand Moff Tarkin, Starwars)

En fait c’est très courant. C’est par exemple un procédé à la base de nombreuses arnaques telle que le coup de l’annuaire privé. :wink:


(Mohamed Rambil) #13

Certes, la prudence s’impose.

Mais le principe de permettre aux freelances de proposer des services sous forme d’abonnement mensuel reste intéressant.
En revanche il est vrai que recruter des nouveaux membres comme ils le font risque de leur jouer des tours.


Proposé avec ❤️par Camille Roux