Plan d'éducation pré-entrepreunarial

Bonjour à tous,

J’aimerais avoir un conseil, je m’explique, j’ai 30 ans et un Bac +2, j’ai toujours été salariée du privé principalement en relation client, il y a 2 ans j’ai entrepris un voyage seule à travers 6 pays pour y vivre et profiter de la vie, je suis propriétaire depuis mes 23 ans.

De retour en France j’ai pris la résolution de ne plus postuler a aucunes offres d’emploi car je ne veux plus être salariée pour la raison suivante: je souhaite rentabiliser mon temps pour moi et si je dois subir des contraintes ce sera pour mon rêve.

Je me tourne donc vers l’entrepreunariat en partant de zéro et sans fonds propres, je n’ai aucunes connaissances financières, juridiques, administratives, business-plan et plan marketing sonnent vide dans ma tête.

Cependant je sais qu’avec le temps tout s’apprend et du temps j’en ai.

Je n’ai aucunes passions, pas de domaines de prédilection, je pourrais décider de travailler dans n’importe quel domaine, juste un but prendre ma retraite au plus tôt et pour ça je suis prête à apprendre.

Je ne vous demande pas de me juger ou de transposer votre réalité à la mienne.

Je vous demande simplement de me guider sur les étapes de ma réussite.

D’après votre expérience, quel est le plan d’apprentissage le plus judicieux dans ma situation.

Tous conseils et réactions sont les bienvenus :slight_smile:

Merci par avance de votre temps et de vos conseils.

Bonjour,
pour le contexte, j’ai créé 3 boites, les 2 premières sont des échecs et la 3e prospère (avec le covid, on va dire qu’elle tient le choc). Le meilleur conseil que j’ai jamais reçu est le suivant :

lance-toi avant d’être prête

(parce qu’en vrai, on n’est jamais prêt).

Cela ne veut pas dire pour autant de faire n’importe quoi n’importe comment. Juste de réaliser qu’on apprend par itérations successives de ce qui marche et ce qui ne marche pas.

Je suis dans le processus de création d’une 4e boite conjointement à la troisième. Ce qui me paraît nécessaire de ma toute petite expérience, dans le désordre :

Les business plans, tout le monde va t’en demander, mais ça ne sert à rien (je ne connais pas une seule boîte qui ait suivi même de loin son business plan) ; par contre, il y a des questions à se poser et des choses à comprendre (pour ça, forme-toi sur ce qu’on appelle le Business Model Canvas et le Value Proposition Canvas, ce sont deux modèles pour te poser de bonnes questions)

N’attends pas d’avoir toutes les réponses pour avancer ; j’ai créé ma 3e boite sur une intuition, sans business plan, sans connaissance du secteur ni de l’industrie (ça s’est fait sur le tas), j’ai juste vu/su qu’il y avait un besoin qui n’avait pas de réponse idéale (à mon sens)

Avoir un bon comptable en interne à moins que tu n’aies ces compétences ; l’argent est le nerf de toute aventure entrepreneuriale, tu as besoin de quelqu’un qui connaît les « règles du jeu » des flux financiers et qui te fasse de propositions (mais c’est toujours toi qui décide). Pourquoi en interne ? Parce que tant que tu es une petite boite, pour les cabinets comptables tu n’es qu’un micro-revenu supplémentaire inintéressant et ils vont te traiter comme telle (j’ai usé 5 cabinets avant de me résoudre à prendre quelqu’un une-demi journée par mois). Quand la personne est « chez toi », tu peux lui dire comment tu veux que ça se passe et tu évites, par exemple, de te retrouver à 15 jours de devoir envoyer le bilan avec un fichier Excel de 152 lignes te demandant de retrouver des justificatifs sur tout l’an passé.

Fais faire la paperasse de départ par un avocat ; oui, ça coûte plus cher, c’est vrai, mais au moins c’est en béton ensuite.

Essaie de faire en sorte que ta société soit rentable dès le premier jour, c’est le meilleur moyen de construire quelque chose de pérenne (oui, je sais, c’est très à contre-courant de la pensée startup dominante). Ta vente doit couvrir tes dépenses et te donner une marge sympa.

Teste en « faisant comme si », même si tu n’as pas encore de service ou de produit ; ça te permettra de juger si ton produit/service répond bien à un besoin.

Je n’irai pas tout de suite dépenser des sous en marketing même si à un moment ça sera nécessaire parce qu’il y a une chose aussi à mon sens capitale à réaliser : les gens n’achètent pas le meilleur produit, ils achètent celui qu’on leur présente le plus clairement comme étant la solution à leur problème.

D’une manière générale, un bouquin qui est pour moi une bible de l’entrepreneur : Rework (J. Fried et D. Hansson). Ils ont une boite de logiciel mais ce bouquin est truffé de bon sens, et ça ça s’applique partout.

Il y a sûrement d’autres choses, mais c’est juste le retour d’XP qui me vient ce matin :slight_smile:

Modif ultérieure : les CCI proposent des mini-formations qui ont au moins la vertu de te présenter tous les acteurs et tes obligations afférentes du monde de l’entreprise. Sinon une fois lancée je ne saurai que trop te conseiller le CJD pour du soutien de pairs et des formations au top.

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Ce n’est parce que vous n’en avait pas eu besoin que le business plan ne sert à rien. Le jour où vous avez besoin d’un prêt à la banque, où que vous recherchiez des partenaires pour vous aidez si vous n’avez pas de plans à présenter vous pouvez dire adieu à vos partenariats. C’est une garantie qui montre que vous avez étudié le projet de fond en comble et que vous savez où vous allez.

Avancer oui, mais avec toutes les informations nécessaires. Si autant de gens plantent leurs premiers projets d’entreprise, c’est parce qu’ils manquent d’informations. Il suffit de parcourir les topiques du forum pour s’en rendre compte. Renseignez-vous sur les questions fiscale et administrative avant de vous lancer sinon vous risquez de faire des bourdes qui peuvent être fatales.

Rentable entre guillemets. Parce que cela ne veut pas dire qu’on peut en vivre au départ. Et je ne connais pas beaucoup d’entrepreneurs qui on réussi à vivre de leurs entreprises les premiers jours ni même les premiers mois.

C’est nécessaire quand on sait où on va ça c’est clair.

Le problème c’est nous avons là, une personne qui veut devenir entrepreneur, mais qui n’as aucune idée en tête. Et sans offre, ni sans même savoir où l’on va, c’est le meilleur moyen de rater son projet.

Alors Chahinez, la première chose à faire c’est de chercher votre offre. Vous n’avez certes pas de passions, de domaine de prédilection, ni même de connaissances en terme d’entreprenariat, mais vous avez certainement des compétences.

Voir même des connaissances dans d’autres domaines. Et parfois, un simple besoin qui nous est personnel peut devenir un business modèle. Il y a certainement des choses que vous aimez faire et qui peuvent devenir une idée d’entreprise sans même que vous ne la sachiez.

J’ai vu tellement de gens avec de bonnes idées qui n’allaient pas plus loin parce qu’ils étaient découragés par la rédaction d’un business plan, tout ça parce qu’on leur avait dit « il en faut un », alors que non et que pour trouver les bonnes réponses aux bonnes questions, le BMC et le VPC sont de bien meilleurs outils.

J’ai juste constaté personnellement qu’il « suffit » de répondre à un besoin (je mets « suffit » parce que c’est un « suffit » qui implique beaucoup de choses, certes).

Pour le reste, j’ai l’habitude de donner des conseils qui sortent de l’orthodoxie entrepreneuriale. C’est comme quand j’ai fondé le club des patrons aux 35h, je pensais que ça intéresserait du monde mais l’idée reçue « fonder une entreprise c’est y consacrer toute sa vie dans le sang et les larmes » est apparemment trop présente.

Big up!

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Bonsoir à vous,

Je vous remercie premièrement de m’apporter votre aide en ce dimanche, c’est vraiment sympa.

Je suis d’accord avec vous, je me suis décidée à ne plus écumer les livres et à trouver l’information au moment ou j’en aurai besoin en rapport avec mon idée et la direction que je veux prendre. Step by step.

J’ai une idée ( j’en ai même tellement que je m’entends parler dans ma tête ) que j’essaye de simplifier au maximum pour pouvoir faire une version « 1 jour » justement pour tester la réaction des gens en investissant sur un site web wix et un peu de pub sur les réseaux sociaux.

J’ai fait le pitch ce matin, je créer le site actuellement, je lancerais la pub ciblée… (je dis ça comme si c’était simple, je ne sais même pas de quoi je parle).

Ça me fais peur j’ai l’impression que je vais sauter de la tour Eiffel sur TF1 au 20 heures alors que concrètement tout le monde s’en fout à part ma mère… et encore.

Ecoutez on verra bien, mais me torturer mentalement sur une idée qui ne plait peu être qu’à moi et être paralysée par la peur ou la recherche de la perfection je peux rester dans cet état très longtemps. Donc j’arrache le scotch, vite ! Je teste en étant honnête avec moi même.

Si ça ne marche pas : pas de business plan, pas d’investissement, pas de comptabilité, pas de questions juridiques… Bref je ne vais pas construire un château sans seigneur pour y habiter.

Je lisais « The personal MBA » mais je vais me renseigner sur le livre que tu m’as conseillé Romain B ainsi que le Business Model Canvas et le Value Proposition Canvas.

Vous êtes vraiment de très bons conseils j’ai bien lu vos 2 réponses et j’y trouve des éléments vraiment précieux.

N’hésitez pas si vous voulez avoir une première vue de mon site test d’ici quelques jours, j’ai pas peur qu’on me vole mon idée je suis pas parano.

Avec plaisir ! Et comme on parle de test, pas la peine de faire un site complet, une landing page bien construite suffit (enfin, c’est ce que je ferais).

Bonjour Chahinez,
ce que Romain évoque fait référence à l’effectuation, une théorie assez nouvelle et très pertinente sur la création d’entreprise, développée en France par un professeur de l’EM Lyon (Philippe SILBEZAHN) et qui a inspiré bon nombre d’entrepreneurs.
Sinon pour sauter de la tour Eiffel, vous pouvez aussi choisir l’option « en tandem avec un expert » :innocent:et par exemple prendre 3 heures de coaching avec un pro de la création d’entreprise qui serait en meme temps un pro du pitch… Je pense évidemment à mon associé Cyrl SALORT présent sur le site INCUB-online, qui est par ailleurs professeur en Stratégie à Montpellier BS et qui a accompagné de nombreux porteurs de projets.

Hello, j’ai fait une landing page en effet, j’ai contacté une amie coach en bien-être afin d’avoir son avis sur la compréhension globale qu’elle en a.

Prochaine étape, je vais contacter une centaine de coach et d’experts dans le domaine visé pour avoir un retour sur leur intérêt, je pensais également aller sur un site de crownfunding afin de pouvoir tester l’idée auprès du public, avec un objectif de pré-commande, ce qui pourrait financer la création du site internet avec un freelance et une campagne marketing.

https://bemyconfidant.mystrikingly.com

Bonjour Vincent, merci de votre réponse et des éléments vraiment pertinents que vous m’avez fournis. En effet l’effectuation (puisque cela porte un nom) est pour moi la solution la plus motivante et en même temps déstabilisante. Je vais m’intéresser de près au site que vous m’avez recommandé. En ce qui concerne le coaching je suis une convaincue des bienfaits, seulement je préfère consacrer le peu d’économies que j’ai au test de mon idée. Si ce test objectivé est réussi alors j’aurais une raison de me faire accompagner à la création d’entreprise. Qu’en pensez-vous?
Je vous invite aussi à voir la landing page qui décrit mon projet, si vous en avez le temps bien-sur, et être extrêmement critique, pourrait m’être d’un grand service.

Bonsoir Chahinez,

je ne vais pas faire un retour complet parce que le marketing et le copywriting, c’est le métier de ma 4e boite et il faut bien manger :slight_smile:

Cela dit, mes retours à chaud :

  • votre site ne passe pas le « test de l’homme des cavernes » : n’importe qui (donc des gens qui ne savent absolument pas de quoi ça parle) doit comprendre ce que vous faites en moins de 5 secondes sans faire défiler la page (vous pouvez tester ce genre de chose sur des sites comme usabilityhub.com)
  • sans juger de l’idée elle-même, il faudrait la présenter autrement ; le bénéfice client est présenté mais pas synthétisé, il n’y a pas d’enjeu (en gros, qu’est-ce qui se passe si on n’adhère pas à bemyconfidant ?), ça manque d’autorité (ie pourquoi êtes-vous légitime), et il n’y a pas de CTA (sauf à la fin, mais 90% des gens ne vont pas tout au bas de la page).

Je ne crois pas aux personas (ça fait un truc de plus qui va à contre-courant), pour moi, si votre message est clair c’est inutile. Là, il n’est pas assez clair pour moi.

Bref, en fait il y aurait déjà pas mal de choses sur cette page ; en tout cas l’idée m’intéresse.

Bonsoir Romain,

C’est beaucoup plus technique que je ne pensais et je suis tout à fait d’accord avec vous, j’avoue moi même que si je n’avais pas l’idée définie en tête j’aurais du mal à la comprendre.

Le champ des spécialisations est trop vaste aussi je vais me concentrer sur certains problèmes pour mieux ciblé les coach.

Sur la légitimité et le personas je n’ai aucune envie de me mettre en avant ou de faire un story telling, je ne suis pas légitime du tout je ne suis ni coach, ni consommatrice de ces coach, je me dis juste qu’on est dans une période d’isolement d’incertitude de remise en question et qu’il y a donc un truc à faire.

L’idée est trop vaste je vais me concentrer sur une branche de problèmes, incompréhensible, je dois trouver l’enjeu, être plus concise et impacter rapidement.

Je la mets à la poubelle et je recommence tout je vais consulter mon ami google pour avoir des conseils.

Merci beaucoup pour votre analyse encore une fois, c’est encourageant que vous trouviez l’idée intéressante.

Vous n’avez pas besoin d’être personnellement légitime si les personnes qui assurent le service le sont, alors le service le sera (et c’est ce qui compte).

Question : quel problème résolvez-vous pour qui ?

Je vous souhaite beaucoup de plaisir dans l’aventure, pour moi l’entrepreneuriat c’est fun, j’espère que ça le sera pour vous aussi.

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Hello @chahinez,

Bravo pour votre enthousiasme et ce super voyage à travers 6 pays. J’ai lu votre premier post et ceux qui ont suivi. À propos de moi, je suis chef de projets Innovation dans une grande entreprise et l’auteur d’un blog sur lequel je donne des conseils pour les entrepreneurs en startup ou les professionnels qui veulent lancer un nouveau produit ou service dans une organisation existante. J’aimerais vous donner quelques conseils par rapport à ce que j’ai lu de vos posts.

Conseil n°1 : vous n’êtes pas obligé de quitter votre job (ou ne pas en reprendre un) pour avancer sur votre projet entrepreneurial. Au contraire, votre « day job » peut apporter de la crédibilité à votre projet entrepreneurial. D’autre part, le fait de devoir survivre et ne pas gagner d’argent dans l’immédiat avec votre(vos) projet(s) peut tout simplement mettre un terme à votre projet de vivre pour votre rêve.

Conseil n°2 : il existe des nouvelles approches innovantes pour créer des produits que veulent vraiment les gens. L’une d’entre elles est Lean Startup et votre intuition de « tester » si votre idée fait du sens pour de potentiels clients est correcte et très importante. Ne perdez pas cet objectif de tête dans la phase dans laquelle vous vous trouvez que l’on appelle le « Problem Solution Fit ».

Conseil n°3 : Définissez l’objectif que vous voulez atteindre d’ici 3 ans, le prix de votre produit/service et votre objectif pour la semaine prochaine, en termes de clients, mais également d’acquisition. Si cela vous intéresse, j’ai fait un webinaire à ce sujet et je vous partage volontiers le lien vers le replay. Est-ce que cela vous intéresse ?

Conseil n°4 : Allez-y, faites-le et continuez et itérez, pivotez quand il le faut !

A bientôt,

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Bonjour @chahinez. Perso, je n’accepterais pas de payer 19€ pour un service que je connais à peine et dont l’utilité reste à démontrer. Surtout, qu’il ne bénéficie pas suffisamment de vécu sur le marché concerné à mon goût. Les équivalences rivales sont multiples et existent, gratuitement. Faites attention à réfléchir à cette composante qu’est le prix en abordant le prix psychologique et reportez si possible votre souhait de rentabilité le temps de vous faire une place dans l’esprit collectif du public visé. Sinon, vous risquez de réduire à néant les efforts cérébraux engagés et prendre la pente du découragement. Après, les critiques négatives c’est comme pour tout, on les prend comme on veut :kissing_closed_eyes:

Proposé avec ❤ ️par Camille Roux