A propos du prêt d'honneur


(Florent Mérian) #1

Une discussion intéressante sur le prêt d’honneur est entamée dans le sujet Quelles aides pour le lancement d’une start-up ?

@joselitotirados et @fabiendlc rappellent à juste titre qu’un prêt, par définition, doit être remboursé même en cas d’échec du projet.

Les caractéristiques :

  • Jusqu’à 100 000€
  • Taux d’intérêt 0%
  • Sans caution personnelle
  • Remboursable en 60 mois (5 ans), avec un délai de 12 mois avant le premier versement.

Et vous, avez-vous déjà fait un prêt d’honneur ? Est-ce un bon outil de financement ? Quel est votre retour d’expérience ?


(Gaten) #2

Étant porteur de projet je trouve que le prêt d’honneur fait peser un risque financier important sur les épaules du ou des créateurs. C’est utile pour les créateurs qui n’ont pas d’économie de coté mais pour les autres je ne vois pas bien l’intérêt d’autant plus que la rédaction du dossier est certainement très coûteux en temps.


(Florent Mérian) #3

Je ne comprends pas le risque financier: C’est un prêt à taux 0% donc tu peux le placer sur un compte épargne, ne jamais utiliser cet argent et rembourser au fur et à mesure.


#4

Je pense que si la démarche de souscription au prêt d’honneur a été faite c’est qu’il y avait un besoin, et il sera tôt ou tard comblé, car un chef d’entreprise trouve toujours les moyens pour s’agrandir (communication, recrutement, etc)

Le risque financier apparait en cas de non-paiement

Pour ma part, le prêt d’honneur est une solution alternative ultime, il y a d’autres moyens de financement (auto-financement, participation à des concours, financement pôle emploi, financement participatif)

Chacun comporte bien sûr, des avantages comme des inconvénients, tout dépend du profil et des attentes de chaque entrepreneur après


(Nicolas Viennot) #5

UN point à ne pas négliger : Les organismes qui délivrent des prêts d’honneur, comme le réseau entreprendre, se positionnent également comme accompagnant de la startup… possibilité de coaching, accès à un réseau.


#6

Je ne pense pas que tous les organismes qui délivrent un prêt d’honneur peuvent et ont le temps ni les moyens pour se positionner comme coach startup, accès réseau à voir (à condition que cela soit véritablement un appui, sinon tout le monde peut accéder aux réseaux sociaux et listes d’accompagnateurs via CCI)
Après, y a plus qu’à faire la demande, mais cela doit être fort sélectif vu les moyens mis en œuvre.
Faut faire la méthode de l’entonnoir, si cela ne marche pas là, faut voir les autres possibilités de financement.


(Gaten) #7

Je parle de risque financier car le prêt est contracté personnellement par le créateur et quoi qu’il arrive il devra rembourser la somme sur ses deniers personnels si le projet échoue. Donc mon raisonnement est le suivant :

  • Si le porteur du projet n’a aucun bien et n’est pas marié il pourra se mettre en faillite personnelle (sauf si héritage entre temps)
  • Si le porteur a déjà des biens, maison, est marié, etc… Alors autant qu’il utilise ses économies plutôt que d’emprunter et de devoir se taper toutes les démarches nécessaires.

(Bastien Siebman) #8

Du coup je me demande si ce n’est pas faux de dire “sans caution personnelle” car le prêt doit être remboursé même en cas d’échec du projet. Donc c’est plutôt “caution personnelle 100%” non ?


#9

@siebmanb,
“sans caution personnelle” est une possibilité qui donne le droit de ne pas choisir !
l’emprunteur accepte de pas ne faire intervenir un tiers pour un quelconque cautionnement (en cas d’impayés par ex), et donc il est responsable à 100% du remboursement du prêt, quoi qu’il arrive


(Romain Bouic) #10

Il faut savoir que dans certains cas (Réseau Entreprendre, Plateforme d’Initiative, etc.) l’obtention d’un prêt d’honneur est conditionné à l’octroi d’un prêt par une banque…
Ces organismes veulent aller vers de l’accompagnement de startups mais proposent encore un accompagnement financier trop traditionnel. Pour qu’une banque appuie un projet innovant, il faut y aller!


(Florian LG) #11

@fmerian : très souvent, les organismes qui te versent un prêt d’honneur t’obligent par le biais d’une convention à verser cet argent sur l’entreprise sous la forme d’un apport en fonds propres ou quasi fonds propres (compte courant associé bloqué pendant N années).

Les plus : c’est de l’argent , ne coûte pas cher

Les moins : encore un dossier à monter, ça sera de l’argent à décaisser… avec la probabilité très forte de devoir à un moment le décaisser sous forme de salaire (donc doublement fiscalisé : cotisations + impôts)

J’ai avec mon associé fait un prêt d’honneur de 45 000€ auprès d’une CCI. Nous étions très heureux d’avoir l’argent, mais à certains moments difficiles, il a fallu recapitaliser l’entreprise et donc convertir du CCA en capital.

Conséquence : on doit donc rembourser chaque mois près de 550€ mais le seul moyen de sortir de l’argent, c’est via du salaire. Même si la CCI ne récupère 0% : le coût réel pour nous est donc bien plus important.

Et surtout, c’est un remboursement qui apparaîtra en gros sur vos relevés bancaires. Ce qui n’a pas manqué de soulever beaucoup de questions gênantes lors de ma négociation de prêt immobilier.


(Florent Mérian) #12

FYI @siebmanb @fabiendlc Dans le cadre d’une convention avec BPI France, le prêt d’honneur peut comporter une garantie du risque de défaillance à hauteur de 50% à 70%. En cas d’échec, le porteur de projet ne rembourse donc qu’une partie de son prêt.

http://www.scientipole-initiative.org/notre-offre/le-pret-d-honneur.html


(Florent Mérian) #13

Le choix de la banque et de son interlocuteur en particulier est important, il faut tomber sur la bonne personne qui comprend tes problématiques et tes enjeux. Les choses évoluent à ce sujet: http://www.bnpparibas.com/actualites/presse/bnp-paribas-renforce-son-soutien-entrepreneuriat-innovant-renouvelle-son-engagemen


(Romain Bouic) #14

Tout à fait d’accord. Les banques évoluent… mais certaines font 2 pas en arrière après 1 pas en avant sur l’accompagnement de l’innovation! ^^
Cela dit, je suis le 1er bénéficiaire d’un accompagnement d’une banque sur un projet innovant! On n’a pas demandé beaucoup mais on a eu un prêt sans garantie personnelle. Donc oui, je suis d’accord, certaines banques et certains banquiers répondent présents.


(Florent B) #15

Merci Florent.
Quels sont les conditions de l’activation de ces garanties risque defailance?
Doit-on se mettre en faillite personnelle?
Merci d’avance.


(Vincent Daubry) #16

Un petit retour d’expérience : On est 3 associés, nous avons monté une startup tech (appli web+mobile), on a bénéficié de 2 prêt d’honneurs :

  • 60K€ via scientipole (20k€ * 3) , la première année
  • 30k€ via le réseau entreprendre (10K€ * 3) , la 2eme année

Pour nous ça faisait partie du processus de lévée de fond, on utilisait la même présentation que pour les investisseurs. A chaque fois c’est un dossier à monter + plusieurs entretients pour défendre le projet.

Chaque dispositif est très différent : dans le cas de scientipole on a pu avoir un montant important alors que le projet était très jeune, peu d’accompagnement ensuite.
Dans le cas du réseau entreprendre le prêt d’honneur nous a donné accès à un prêt supplémentaire d’une banque partenaire du réseau. On était plus avancé dans le projet, et je ne sais pas si on aurait pu rejoindre le réseau plus tôt. Ensuite il y a un vrai accompagnement : un mentor + des rencontres avec les autres membres réseau

On était dans le cas d’une startup qui avait besoin de beaucoup de financement extérieur, pour nous c’était une bonne solution.


(Vincent Daubry) #17

avec la probabilité très forte de devoir à un moment le décaisser sous forme de salaire (donc doublement fiscalisé : cotisations + impôts)

Pour info j’ai vérifié avec notre comptable et ce n’est pas le cas, l’entreprise rembourse directement le prêt et ne paye pas de cotisation et d’impôts supplémentaire sur ces remboursements.


(Florian LG) #19

Alors vous avez un prêt d’honneur qui est directement attribué à l’entreprise. C’est bien mais c’est très rare !

La plupart des prêts d’honneurs sont attribués au porteur. Comme c’est à la personne physique et non pas à l’entreprise que le contrat se rapporte, c’est le porteur qui rembourse. Il faut donc sortir l’argent en compte courant d’associé (si il y a du CCA) ou en salaire.

C’est pour ça qu’il faut bien faire attention à la part de prêt d’honneur que vous transformez en capital. Car une fois transformé en capital c’est bien évidemment de l’argent qui ne ressort pas de l’entreprise.


(Anne-Laure Courvoisier) #20

Bonjour,
Es-tu sûr que le remboursement ne doive ne soit pas soumis à fiche de salaire, et par conséquent à impôt sur le revenu?
Merci. Bonne journée,


(Vincent Daubry) #21

Pour les prêts d’honneur via scientipôle et réseau entreprendre ce n’était pas le cas.


Proposé avec ❤️par Camille Roux