Besoin éclaircissement sur levée de fond et sortie investisseurs


(Sébastien Duvernit) #1

Bonjour à tous,

J’envisage actuellement de m’adresser à des fonds capital risque pour une première levée.

Mes caractéristiques : startup qui vend du SaaS en B2B, première année de commercialisation, quelques clients mais besoin d’aller plus vite que la croissance organique du CA pour pouvoir renforcer l’équipe.

Mon interrogation majeure concerne la sortie des investisseurs à 5 ans et la plus value. A quels ordres de grandeur puis-je m’attendre pour admettons un ticket de 500 000€ ?

J’aimerai savoir estimer la performance que doit dégager mon activité pendant ces 5 ans pour savoir si il est viable d’aller voir des VC ou pas…

Merci d’avance !


(Kevin) #2

Salut Sébastien,

Je t’avoue ne pas trop comprendre ta question, surtout cette partie :

Mon interrogation majeure concerne la sortie des investisseurs à 5 ans et la plus value. A quels ordres de grandeur puis-je m’attendre pour admettons un ticket de 500 000€ ?

L’ordre de grandeur dont tu parle, c’est pour ta sortie ? Comment veux-tu qu’on réponde à cette question, ne connaissant ni ton marché, ni tes chiffres ?

Sinon pour t’éclairer un peu peu plus, les gros fonds en France on chacun leur “Thèse d’investissement”.
Certain investissent principalement dans les B2C, d’autre le B2B. Certain sont a fond dans le SaaS, d’autre le e-commerce …

Il y a des fonds qui ne crachent pas sur un “petit” ROI, i.e des petits multiples, ce sont souvent les “fonds ISF”. L’avantage chez eux c’est que tu peux faire une levée avec eux que tu n’aurais pas fait avec d’autres, car ton marché est trop petit, l’inconvéniant c’est que ce sont des fonds gérés par des banquiers, qui ne comprennent rien au startups, et qui ne t’accompagneront que très mal.

Ensuite viennent les gros acteurs de la place, Index, Partech, Alven, Isai… c’est un peu cliché ce que je vais te dire mais eux, ils cherchent des licornes potentielle, donc des marché a plusieurs dizaines de milliards, a l’échelle globale, pour faire des x100 !

Et puis entre les deux il y a tout un tas d’autre fonds, les corporates etc, c’est un vaste sujet et je t’invite a faire tes recherches.

Mais quoi qu’il en soit, si tu fait du B2B, que tu es en croissance, sur un marché suffisament gros, tu es un bon candidat pour une levée. La question qu’il faut que tu te poses c’est est-ce que tu as en réellement besoin ?

Est-ce que tu es prêt a consacrer 6 mois minimum a temps plein a aller pitcher des VC, a te prendre des dizaines de refus ?


(Vincent BILLETTE) #3

…ni la qualité de particulier ou de pro des investisseurs, ni leur régime fiscal, ni leur stratégie de réinvestissement…


(Kevin) #4

@VincentB il ne faut pas tomber dans la mauvaise foi non plus, on se doute qu’il parle d’investisseur pro, il mentionne qu’il envisage de s’addresser à des “fonds capital risque pour une première levée.”


(Vincent BILLETTE) #5

…expression qu’utilisent 99% des gens qui viennent me voir lorsque leur intention est d’aller voir en fait des investisseurs qui ont le statut de particulier (et ils utilisent d’ailleurs en général ladite expression en toute bonne foi).

Note : plus rare, le cas inverse ; un jour on vient me voir pour une prise de participation par un investisseur particulier (pour financer 50% d’un projet à 1,5 k€) ; 15 jours plus tard : “ah ben en fait non c’est une SICAV ; ça change quelque chose ?” :smile:


(Sébastien Duvernit) #6

Merci à vous 2 pour vos interventions, je ne retiendrai que le positif :wink:

Il s’agit bien d’investisseurs pro : type fonds régionaux capital risque (FIP par ex.).

Je les cible en fonction des participations qu’ils ont déjà pris auprès de startups qui présentaient les mêmes caractéristiques que la mienne (+/-).

Mais donc pour te répondre Kevin, là où j’ai besoin d’éclaircissement c’est sur le ROI généralement attendu par les investisseurs de ce type, pour par exemple un ticket de 500 000€.

On est d’accord que selon que le BP présente 1 million de CA à 3 ans ou 10x plus, la réponse peut-être différente, et qu’elle dépend de plein d’autres paramètres.

Mais je cherche juste une fourchette, même vague de l’effort financier que va me demander la sortie des investisseurs.

Tout ça parce que je me dis que si mes CA prévisionnels dégagent des bénéfices confortables pour que mon activité perdure, peut-être qu’ils n’en dégagent pas assez pour me permettre de racheter les parts du fond à 5 ans.

Je n’ai aucune idée de si il va me falloir plutôt sortir 500 000€ x 5,10,30 ou n% par an (pour peu qu’ils utilisent bien ce mode de calcul).

Merci


(Kevin) #7

Je ne vais pas parler pour les FIP parce que c’est un monde que je ne connais vraiment pas bien.

Cependant pour les fond VC traditionnels tel que je t’ai cité plus haut, je crois qu’il y a un décalage entre ta vision des choses et la leur.
Déjà quand tu commences a parler de BP a 5 ans a ses fonds là, ils vont se dire “BULLSHIT”. Pour une raison assez simple, leur vision des choses sur un premier tour de financement c’est 18 mois. Pourquoi 18 mois ? Parce que c’est selon eux une bonne période pour juger du potentiel de la boite, pour éventuellement faire un deuxieme tour… Comme je t’ai dit, ils visent la lune.

Ils veulent savoir comment tu vas utiliser le financement dans les 18 prochain mois, ils s’attendent a une croissance de 10-25% par mois, et pour la sortie qu’ils envisagent, ils veulent que tu te fasse racheter par grand groupe, et non pas que tu leur rachètes leur parts.
C’est très caricatural ce que je viens dire mais pour la majorité des gros fonds c’est l’idée.

Mais donc pour te répondre Kevin, là où j’ai besoin d’éclaircissement c’est sur le ROI généralement attendu par les investisseurs de ce type, pour par exemple un ticket de 500 000€.

Là dessus je t’ai répondu, les petits fonds ISF s’en fichent, même si ils gagnent qu’un petit multiple, voir rien du tout, avec les exonérations fiscales ils sont gagnant.

Pour les fonds traditionnel, ils veulent du x100 / x1000
Le but pour eux, c’est d’adopter une stratégie de “Spray & Pray”, i.e investir dans beaucoup de société, tout en sachant que 95% d’entre elles vont se planter dans les 3 ans, et que les 5% restante non seulement couvrent les pertes des 95%, mais génèrent un rendement très interessant.

Mais je cherche juste une fourchette, même vague de l’effort financier que va me demander la sortie des investisseurs.

Je ne comprend pas cette partie là. J’ai l’impression qu’on a un état d’esprit très différent.
L’effort financier que va te demander la sortie de tes invest ? En fait toi ton objectif c’est de racheter les parts de tes investisseurs ? Pourquoi un fond te revendrait ses parts si ta boite se porte tellement bien qu’elle a les moyens de faire ça ?

Souvent ce qui se passe, et surtout pour les investisseur en ammorçage, c’est que certain investisseurs profitent d’un nouveau tour de table pour vendre une partie ou la totalité de leur participations aux nouveau investisseurs lorsque la valorisation a explosé entre les deux financements, et que cette valo leur parait trop spéculative.

Pour finir, si t’a envie d’en savoir plus sur l’univers du VC en France, il y a de plus en plus de fonds qui communiquent, sur Youtube / Facebook / Medium.
Je t’invite a aller voir du côté de Kima Ventures, The Family, Partech / Alven Capital communiquent beaucoup aussi !

En espérant t’avoir été utile !


(Sébastien Duvernit) #8

Je ne comprend pas cette partie là. J’ai l’impression qu’on a un état d’esprit très différent.
L’effort financier que va te demander la sortie de tes invest ? En fait toi ton objectif c’est de racheter les parts de tes investisseurs ? Pourquoi un fond te revendrait ses parts si ta boite se porte tellement bien qu’elle a les moyens de faire ça ?

En fait j’avais compris via mes précédentes recherches que certains fonds capital risque se rémunéraient en planifiant leur sortie à x années (5 à 8 ans généralement) et prévoyant dès le pacte d’associé le multiple de leur mise.

Donc non, moi racheter les 20 à 30% que je leur ai cédé au départ c’est pas du tout mon objectif premier, mais je pensais y être contraint pour respecter le contrat et qu’ils puissent donc faire leur plus value et rémunérer leurs actionnaires.

En tout cas merci encore d’avoir pris le temps de me répondre, ça m’a permis d’avancer.


(Kevin) #9

Est-ce que tu parle des clauses de liquidations préférentielles ?
Ces clauses là indiquent généralement que les investisseurs récupèrent un multiple de leur mise + leur participation et en plus de ça ils sortent en premier en cas d’évènement de liquidité. (Exemple: rachat partiel de la société, c’est d’abord les investisseurs qui récupèrent leur multiples, et ensuite les autres actionnaires).

Généralement ce genre de clauses intervient pour les gros tour de financement, en série B/C/D, en seed j’en ai rarement entendu parlé.

Mais je pense que ce sont des détails techniques sur lesquels il ne faut pas que tu te prenne la tête pour l’instant, déjà parce que c’est négociable, et ensuite parce que c’est pas ce qui est important pour toi.

La première question qu’il faut te poser c’est 1) est ce que tu as vraiment besoin d’investisseurs et 2) si oui, est-ce que ta boite possède les caractéristiques qui intéressent ces investisseurs en capital risque, à savoir :

  • gros marché en croissance
  • forte croissance (pour du SAAS comme je t’ai dit, 10-25% par mois)

(Sébastien Duvernit) #10

Oui à tout, voici ma reflexion : il y a un marché à prendre et je ne dispose que d’une équipe tech restreinte que j’auto-finance. Le produit est fini, mais je n’ai pas de puissance commerciale en interne, pas moyen de l’auto-financer. Donc soit je commercialise moi-même et je met x mois/années à arriver à une taille qui me permet et de financer l’équipe tech actuelle et d’entrevoir d’embaucher en commercial, soit je trouve un financement.


(Vincent BILLETTE) #11

Certains le font. C’est très dangereux amha, j’ai toujours été très prudent avec ce genre de demande. D’abord parce que l’on se retrouve avec un prix de rachat qui ne correspond pas à la valeur réelle, ce qui peut conduire à des conséquences moyennement rigolotes du point de vue fiscal - l’administration pouvant contester les bases d’imposition. Et ensuite parce que la réforme du code civil de 2016 et la possibilité de révision offerte désormais au juge pourrait faire de ces clauses des nids à contentieux.

Cela étant je suis d’accord avec KevinS, ça se négocie toujours.

Si, c’est courant (fait sur plus de la moitié des opérations que j’ai été amener à formaliser).


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