Est-ce que notre modèle social n'est pas la cause du faible nombre de levées de fond en série C ?

(Sylvain Gendrot) #1

Je ne parle pas de fiscalité ou de coût du travail mais des principes même de notre modèle social, je commence par faire le point sur ces principes:

  • la répartition et non la capitalisation pour les retraites (Différence répartition et capitalisation)

  • le financement par l’état du système éducatif et non un système de fondation (Endowment ou University funds, voir Harvard’s Endowment)

  • on paye des charges (sociales et patronales) qui finance la sécu - aux US, on paye une assurance à une société privée qui va placer cet argent dans des fonds.

  • de façon plus large, l’état français lève un impôt avec lequel il va financer un service, alors qu’au US ce sera du privé ou des fonds souverains.


Et on retrouve ces fonds quand on regarde la composition de l’argent des VC:

  • 20/25% - les fonds de pensions
  • 10/15% - les fonds des universités
  • 7/8% - les assurances privés
  • 15/20% - d’autres fonds du même genre

Voir: Behind the Venture Capital Boom et Where Venture Capital’s Money Came From
Ps: le “Funds on Funds” c’est lorsqu’un fond d’investissement investit dans un autre fond d’investissement.


Et enfin, si on compare les VC US et les VC EU:

  1. les VC US ont 5 fois plus de cash que les VC EU

  2. les VC EU financent beaucoup plus les série A que les VC US

Voir: Why Europe lags behind the US in VC investment et European VC Investors: Time to Think Big


Du coup, je me pose la question:
Est-ce que l’argent qui manque à nos VC n’est pas cet argent ?
Ou
Est-ce que l’argent manquant est placé ailleurs par les fonds de placements (Ex: Fonds en euro = 80% dette d’état; Livret A = logement social + dette d’état, etc … ) ?

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(Karim) #2

Bonjour,
Étant donné le nombre de fonds de pension américain investissant dans des entreprises françaises (gros probleme dans ma région , où ils ont fait main basse sur tout une partie du patrimoine industriel, car ces FdP en font des coquilles vides), je ne pense pas que le modèle social soit un probleme.

À vrai dire, aux vues des niches fiscales, la France est le 2eme pays d’Europe (ou 3eme) cible pour les fonds de pension américain.

Arrêtons un peu de tirer à boulet rouge sur notre système social qui est loin, mais bien loin d’être un handicap pour les investisseurs étrangers (US, UK, Allemagne et maintenant chinois).

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(Ludovic de Luna) #3

Exact.
Certes, il est perfectible. Mais les USA nous envie largement sur ce plan. N’oublions pas qu’il existe en Europe et ailleurs d’autres pays qui nous devance dans sur certains aspects et qui n’ont aucun problème avec des modèles d’investissement. Mais en France, on a une culture qui diabolise pas mal la réussite sur le plan financier. A l’arrivée de Hollande, la France a perdu 70% des investissements étrangers au début de mandat (juste après le 2ème tour). On a rattrapé depuis, mais le problème viens en partie de là et en partie de notre faculté à tout complexifier à l’extrême.

(Sylvain Gendrot) #4

J’ai trouvé un début réponse dans une des émissions de Tech&Co de BFM Business:

Pourquoi si peu de licornes en France ? - 30/11
Jean-David Chamboredon (du fond ISAI) explique qu’il n’y pas assez de Business Angel et qu’ils ne montent pas assez haut dans les montant (aux US, les BA montent jusqu’au plusieurs millions, alors qu’en France ils restent aux centaines de milliers).
Du coup les fonds d’investissement sont obligés de combler le vide et “descendent” aux levées de fond de quelques millions (alors qu’aux US, ils commencent vers la dizaine de millions).

On comprend vite qu’après avoir utilisé une grosse partie de leur cash à des levées de 1/2M€, ils n’ont plus les moyens pour en faire des plus grosses (levée de fond).


Les invités reviennent aussi sur le manque d’ambition des entrepreneurs français, le marketing des startup FR qui n’est pas assez bon et l’absence d’une grande bourse européenne (le CAC40 c’est pas le NASDAQ).

Proposé avec ❤️par Camille Roux