La culture startup peut-elle être nuisible pour ses propres salariés ?

Bonjour à tous,

Je lance ce sujet pour avoir votre avis. J’aurai voulu savoir si la startup, qui est en train de construire une culture d’entreprise, (donc avec des sortes de dogmes, une pseudo apparence de secte) peut nuire au bien-être du salarié sans que ce dernier en ait conscience.

Merci par avance pour vos témoignages.

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Bonjour Guillem,

Déjà, est-ce que l’employé est au courant qu’il est dans une startup et pas dans une entreprise ?

« la startup », c’est un terme générique, ou c’est une startup en particulier ?
J’ai vu une fois une culture d’entreprise de forme un peu sectaire, mais c’est une exception, dans la plupart des cas les startups sont comme toutes les autres sociétés: des patrons qui naviguent à vue, et des managers qui savent à peine ce qu’ils font. Comme partout, en fait. De là à appeler ça une culture d’entreprise…

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Si la culture de la startup ne te convient pas n’y postule pas. En effet la culture permet à la startup de ne recruter que des gens en accord avec cela, la culture représente la vision des fondateurs. Si tu n’aime pas n’y va pas. Si un salarié s’en plein qu’il parte car aucune startup ne changera sa culture :wink:

En fait pour être plus précis, je m’explique un peu sur le sujet. En fait, je suis en train de rédiger un mémoire (M2 Mkg/Management). Et jme suis rendu compte qu’on tombe de plus en plus sur des témoignages d’employés de Google (ou Apple dernièrement) qui critique le mode de management, la culture et les valeurs de ce type d’entreprises.

Et donc, vu que c’était des startups à la base, je me suis demandé si la construction d’une culture d’entreprise, ne pouvait pas appraître comme dogmatique ou sectaire à LT pour le salarié, sans que celui-ci en ait véritablement conscience. Je ne suis qu’au début de ma rédaction, donc c’est pour cela que je recherche des avis ou même des témoignages.

Etant donné les exemples, le sujet ne concerne pas les startups. Google et Apple n’en sont plus depuis très très longtemps :slight_smile:

Oui je suis d’accord mais je fais un focus sur les startups, je me suis mal exprimé.

La culture d’entreprise est très souvent perçue comme étant sectaire, a fortiori quand elle est particulière, ce qui est souvent le cas pour les startups qui ont à la fois un projet très ambitieux et une trajectoire de croissance très rare.

Ça peut certainement nuire au bien-être des salariés qui ne sont pas à leur place dans les entreprises/startups en question. Mais il faut aussi voir les choses du point de vue de la startup, pour qui avoir une certaine cohésion culturelle peut être fondamental.

C’est pour ça qu’il y a beaucoup d’anecdotes sur les fondateurs de grandes startups qui, pour choisir leurs premiers salariés, les mettent face à des questions difficiles pour qu’ils prouvent qu’ils croient (au sens presque religieux du terme, d’où la proximité avec l’idée de secte) au futur de l’entreprise, du genre : si je te donnais X millions de $ aujourd’hui pour partir, est-ce que tu resterais dans la startup ?

En fait, c’est une question qui fait l’objet d’un débat très polarisé, en particulier aujourd’hui, entre ceux qui soutiennent que la diversité est une valeur universelle au sein d’une entreprise (c’est une thématique à la mode), et des penseurs plus sceptiques, qui mettent justement en avant l’idée de cohésion.

Il y a un passage intéressant sur le sujet dans Zero to One de Peter Thiel. On peut aussi penser à des cas d’école comme Bridgewater qui vit d’après les préceptes de son gourou Ray Dalio.

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Est-ce que toutes les startups ont la meme culture d’entreprise ? ou est-ce qu’elles ont des points commun ? Si oui lesquels ? est-ce que parmis ces points communs certains peuvent nuire à un salarié ?

pour moi elles n’ont pas toutes la meme culture
Elles cherchent dans l’idéal a a voir une culture d’entreprise qui parait cool, dynamique, … et franchement ces points ne m’apparaissent pas comme nuisibles.

Après en perdant le statut de startup, les entreprises perdent beaucoup de leur culture (communication horizontale, innovation, …), pour aller vers une culture plus traditionnelle (et moins efficace) (communication en silo, …)

Certaines entreprises comme Google ont réussi à garder leur culture « startup », mais c’est extremement rare, et c’est d’ailleurs pour moi la raison de leur incroyable succès :slight_smile:
(bon après ils ont aussi des défaut comme leur culture du secret, mais on est pas dans un monde de bisounours, surtout dans la vallée…)

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Je suis d’accord avec vous, mais si on fait un focus Google par exemple. Déjà je considère que Google est surtout de sa phase startup y a pas longtemps, je dirais 4/5 ans, avec l’avènement d’Adwords, cad un business model viable. Du coup, si on prend leur culture d’entreprise, comment est ce qu’on puisse expliquer le fait que de plus en plus de salariés se plaignent du fait de travailler dans des conditions qui ne sont pas forcément idéale, avec bcp de pression, une perte de vie privée, une infantilisation de la vie professionnelle, si ce n’est que Google a réussi à donner une image de lui qui est fausse en quelques sorte. Donc d’une certaine manière Google a trompée ses salariés grâce aux valeurs qu’elle transmet dans sa culture d’entreprise, elle enjolive la situation.
Alors attention je ne me permets pas de critiquer Google sans preuve. C’est une opinion que j’ai et qui est basée sur des billets de blogs.

En fait, ce que je me demande concrètement : est ce que le fait d’avoir la nourriture gratuite et à volonté, des salles de repos, salles de gym, des open-spaces et une culture d’entreprise qui impose le « cool » et « googlitude », est ce que ça sert le salarié ? Ou est ce que c’est juste pour l’attirer ? Est ce que ça ne l’enferme pas dans une autarcie dont il ne peut pas sortir car il en devient dépendant. (je pars très loin :p)

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Si l’on parle purement de startup, le salarié doit savoir qu’une startup n’est pas une entreprise. Il ne s’engage pour s’épanouir. Il s’engage pour aller en guerre.

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Bonjour ,

Vaste sujet :slight_smile:

La culture d’entreprise est inhérente à la structure. Elle est portée par ses fondateurs, leurs valeurs, leurs objectifs, etc. Elle peut devenir, comme tu dis, un dogme, si elle a un objectif purement marketing et dans ce cas, on ne parle plus de « culture », mais d’une stratégie parmi d’autres.

Pour ton mémoire, il vaut mieux être bien clair sur les termes: culture d’entreprise n’est pas égale à stratégie d’entreprise.

En fait, c’est le principe du « faites ce que je dis mais pas ce que je fais », comme Patrick Moore, un lobbyiste pro-Monsanto qui refuse de boire un herbicide qu’il juge propre à la consommation.
Google est un exemple qui ne déroge pas à la règle. Elle a une culture qu’elle définit clairement: Culture Google

Ensuite, le problème des salariés dont tu as relevé les témoignages, vient de la mise en oeuvre de la stratégie d’entreprise. La raison est très simple: plus une entreprise est grande, plus elle aura du mal à diffuser sa culture, occultée par la stratégie, en raison du nombre d’intermédiaires les fameux bullshit jobs.
C’est comme ça que les pratiques du manager de Seattle seront différentes de celles du manager de Washington. Et que dire de celles de Mexico et du bureau de Bangalore. Pourtant, Google a dû les recruter sur les mêmes critères. Il serait d’ailleurs intéressant de savoir où travaillent ces salariés mécontents.

Je simplifie, bien entendu. mais il suffit de regarder autour de nous pour constater que Google n’est pas seul concerné, Start up ou pas.

Oui, c’est plutôt sympa non? Manger gratuitement, cultiver la" coolitude", etc.Ce qui ne fait pas de mal, fait du bien:-)

Ça a le mérite de fonctionner. On attire pas les mouches avec du vinaigre :slight_smile:

Bien sûr que si. Cependant, j’attire ton attention sur les notions de libre arbitre, d’esprit critique et d’asservitude.

En résumé, quelle que soit l’entreprise, au final c’est du business. Les salariés l’oublient, tout simplement.

En tout cas, merci pour ce sujet qui mérite d’être plus amplement discuté.

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Après je rajouterais :
Est-ce que la culture de Google c’est de forcer les salariés à rester 24/24 ? ou juste de leur mettre à disposition toute l’infrasturcture nécessaire à leur épanouissement sur place => ils ont ainsi moins besoin de sortir.
Après à chaque salarié de trouver le juste milieu, de ne pas délaisser sa vie perso, …
Franchement je préfère bosser dans un cadre cool 39h par semaine que dans un cadre pourri 39h par semaine :slight_smile:

La durée au travail est un faux problème, surtout pour les tafs créatifs, à reflexion, … la vrai question c’est l’efficacité. Et je pense que google en a bien conscience et que leur culture a pour but de favoriser le bien etre et donc l’efficacité.

Après n’importe quelle culture ne conviendra pas à 100% des gens, et meme si les rh essayent de filtrer des caractères compatibles, ils ne sont pas infaillibles non plus.
Sur le nombre de salariés Google, c’est assez normal qu’il y ai des mécontents, et en général seuls les mécontents s’expriment.

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Effectivement, la vraie question est celle de l’efficacité. Pour être efficace il faut chercher l’adhésion. Or, « adhérer un jour ne veut pas dire adhérer toujours ». On peut toujours adhérer à une culture d’entreprise, mais pas nécessairement à ses objectifs et vis versa. Tout dépend de sa propre histoire.
Lors d’un recrutement,demandez comment est géré le lave vaisselle chez le candidat. Vous en apprendrez beaucoup plus sur lui qu’en l’interrogeant sur son CV :-).

Ah mon avis, la culture et les valeurs peuvent également être interprétés différemments au fur et à mesure qu’une entreprise atteint un certain stade de maturité ou une taille plus importante. Je vais prendre en exemple la fameuse devise « don’t be evil » de Google. Cette phrase peut pratiquement devenir une question de philosophie dorénavant, alors que dans la genèse de Google les impacts de ce dernier était bien plus restreint.
Pour répondre à la question posé sur ce topic, je pense qu’en effet la culture startup peut être nuisible aux salariés (je dis bien « peut être nuisible », je ne dit pas « est nuisible »). Une incertitude de l’avenir, et l’impact très direct de son travail sur l’avenir de l’entreprise, sont des facteurs qui peuvent avoir un impact sur le bien-être des salariés. Comme ça à été dit, la culture startup ne convient pas à tout le monde.

Ok, je pense avoir compris ce que vous voulez dire. En fait, faudrait plutôt parler d’« évolution » et pas forcément de « bien-être » côté salarié. Tout comme la startup qui évolue et devient une entreprise, le salarié évolue en son sein et suivant son profil, ses aspirations, sa vie, il évolue et ne correspond plus au valeurs de l’entreprise. Donc le bien-être n’est qu’une résultante et non un état conscient ou inconscient du salarié.

Je vais peut-être enfoncé une porte ouverte, mais on pourrait dire que la culture d’entreprise devient nuisible pour le salarié à partir du moment où celui-ci ne correspond plus à ses valeurs, ne correspond plus à la culture.

En tout cas, merci beaucoup pour vos réponses ! C’est cool ! :slight_smile:

Je rajoute mon mail : guillemcotcha@gmail.com, mon TW : @guillemcotcha et mon Skype : guillem.cotcha@live.com, si vous voulez en discuté plus longuement. Et si certains sont d’accord, on pourrait même faire un entretien via skype, ça enrichirai vraiment mon mémoire.

Merci à tous ! Bonne soirée (ou journée) !!

Proposé avec ❤ ️par Camille Roux