Projet de création d'entreprise, où se trouve mon CA ?


(Camille Colvray) #1

Bonjour,

je suis actuellement en recherche & développement sur un projet, dans le but de créer mon entreprise.

En effet, l’idée consiste à faire la passerelle entre le client et un bookmaker (site de paris sportifs).

Le client se rend sur notre site web, investi de l’argent qui atterrit sur le compte bancaire de l’entreprise.Ensuite chaque jour, j’utilise leurs argents pour lancer des paris sportifs. Si un pronostic est gagnant, le client va augmenter son placement de base. (ex: le client place 50 €, l’entreprise lance un pronostic avec une côte à 1.50, il récupère donc 75€ moins la commission que prend l’entreprise (entre 3 et 5% sur le bénéfice).

Le client quand il le souhaite récupère son argent.

À savoir que stocker de l’argent qui ne nous appartiens pas est interdit en France à moins que l’a soit considérée comme une banque. C’est pourquoi je vais utiliser le service Mangopay.

Ma question est où se trouve mon CA ?

  • Est-ce le placement de départ du client ?
  • Est-ce le bénéfice que je retourne sur un pronostic gagnant ?
  • Est-ce la commission que je récupère ?

Merci de votre réponse !


(Laurent Roger) #2

Bonjour @Camille_Colvray,

je ne peux que vous recommander d’approfondir les aspects juridiques autour de votre projet : tout ce qui gravite autour des paris et des placements financiers est très réglementé.

le CA c’est ce que vous facturez au client donc en l’espèce la commission que vous récupérez.

Quelles expérimentations avez vous effectuées pour valider qu’un client va vous payer pour jouer et perdre de l’argent à sa place ?


(Berfhaen) #3

Plutôt que stocker de l’argent, convertissez le en “monnaie” du site ou point de fidélité échangeable contre du vrai argent.


(Vincent BILLETTE) #4

Bonjour,

Je plussoie Laurent Roger… et je ne puis que vous refaire la réponse que je vous ai déjà donnée hier soir sur un autre forum (sauf que cette fois je vous la donne sous mon vrai nom) :grin:


(Camille Colvray) #5

Merci pour vos réponses.

En matière de légalité j’attends actuellement une réponse de la part de l’ARJEL (Autorité de Régulation des Jeux en Ligne). J’ai également obtenu une réponse de l’un des opérateurs agréés qui m’a répondu que tant que l’argent venait d’un seul compte sa ne leur posait pas de problèmes. À confirmer donc.

Pour être sur de la clarté de mon projet je vous démontre un exemple précis :

  1. Trois clients se rendent sur le site web de l’entreprise, le client A place 10€, B place 50€ et C place 100€. Cet argent atterri sur le compte bancaire de l’entreprise par un service qui détient une licence d’émetteur de monnaie électronique (EME).

  2. Je récupère une partie l’argent du compte bancaire de l’entreprise (ex 30€ sur les 160€ représentant 20%) que je place sur le compte d’un opérateur agréé par l’ARJEL (site de paris sportifs) et je lance un pronostic avec une côte de 1.5. Ce pronostics est gagnant, mon gain est donc de 45€.

  3. Je dépose mes 45€ présents sur la cagnotte de l’opérateur agréé vers le compte bancaire de l’entreprise. Ce dernier se retrouve donc avec 160€ - 30€ + 45€ = 175€ autrement dit, +15€.

  4. Le site web enregistre en base de données, ce que le client a gagné selon son placement en prenant en compte la commission de 4% sur le bénéfice. Ce qui donne sur les 15€, 0.6€ pour l’entreprise. Il reste 14.4€ à répartir selon le placement des clients en pourcentage.

  5. Si le client souhaite récupérer ses gains, l’argent lui sera remis via le compte bancaire de l’entreprise. Sinon ses gains seront remis en jeu et ainsi de suite. (ex si le client A passe de 10€ à 11€, le prochain pronostic sera joué sur 20% de 11€ et non 10€.)

Le CA se trouve sur la mise total d’un pronostic avec les gains ou seulement le bénéfice d’un pronostic ? Le bénéfice de l’entreprise correspond au pourcentage récupéré cet-à-dire les 4% ?

D’un point de vue comptable, comment est vu le placement de départ du client ?

Les expérimentations effectuées pour valider qu’un client et prêt à faire un placement sont les suivantes :

  • En parler autour de soi à des personnes que l’on connaît ou non, ayant déjà fait des paris sportifs ou non.

  • Effectuer un questionnaire diffusé sur les réseaux sociaux (visant les personnes entre 18 et 25 ans principalement) afin de pouvoir analyser les réponses, permettre de mieux comprendre le besoin et ainsi pouvoir définir au mieux la segmentation de la future clientèle.


(Laurent Roger) #6
  1. et 5. il y a des frais conséquents au regard de votre commission pour ces transferts d’argent, qui les payent ?
  2. pourquoi ce n’est pas 100% des sommes versées ? qu’est ce qui se passe quand vous êtes perdant ?

résultat de vos expérimentations : donc à quel besoin précis ça répond ? et pour qui ?

Si vous ne l’avez pas déjà fait, un peu de lecture sur le TRJ, addiction et blanchiment ne nuira pas !


(Camille Colvray) #7

le premier point, c’est l’entreprise qui les paye à hauteur de 1.8% +0.18 centimes, ou du moins incluent dans la commission des 4% que je récupère.

le cinquième point ne présente pas de frais supplémentaires.

Ce n’est pas 100% des sommes versés car on reste dans une logique d’investissement et sécuritaire au maximum. C’est pourquoi quand l’entreprise est perdante, les clients perdent seulement l’argent qui leur a été prises.

En résumé, l’analyse des réponses en ressors que l’idée intéresse bien les personnes effectuant déjà des pronostics et sont prêtes à investir. Les personnes dont le domaine du pari sportif leur est inconnu ne sont pas intéressé par le projet, car ils ne savent pas ce que l’on fait de leur argent.

Imaginez que vous achetiez un produit au super marché, il ne vous plaît pas donc vous ne le reprendrez pas.
Quand une personne fait régulièrement des paris sportifs elle présente une forme d’addiction. De ce fait, si cette personne perd de l’argent, elle recommencera. Dans la plupart des cas c’est avec des pronostics dit combiné qui sont joués (multiplier les côtes des matchs pour avoir un taux de gains potentiel très élevé, donc très risqué résultant d’une réussite quasiment nul).

Je défie tout le monde de demander à leur entourage effectuant des paris sportifs s’ils sont gagnants en long terme.

Le facteur addiction est à prendre en compte et c’est la que l’idée du projet intervient, gagner enfin de l’argent avec les paris sportifs. Pourquoi il gagnerait ? Parce que chaque jour, c’est un seul pronostic présentant un risque minimal qui est joué et non des combinés avec un gain potentiel énorme qui échoue. Ce profil de clientèle ne fera pas de pronostic sûr de lui même car “l’argent n’est pas gagné assez vite”. En revanche si on le fait pour eux, il sont prêts à attendre entre 1 semaine et 3 mois selon les réponses obtenues.

D’ailleurs j’ai remarqué dans mon questionnaire que les personnes qui pronostics le plus d’argent sont ceux ayant une situation financière instable.

Merci pour l’article, en effet le TRJ est très présent notamment en France, cela fait partie des ponts à prendre en compte.


(Vincent BILLETTE) #8

Bonjour,

Je réagis ici plutôt que sur “l’autre forum” puisque c’est ici que votre fil est le plus actif.

Pifométriquement, votre projet me met mal à l’aise ; je ne pense pas que l’on tombe sous le coup de l’appel public à l’épargne et votre engagement de reverser les gains est juridiquement valide si vous en restez bien à un rôle sur des paris sportifs, art 1966 civ.

Ce qui m’ennuie c’est qu’en clair, vous aller collecter de l’argent pour l’investir ; sauf que vous faites des opérations avec risque de perte en capital pour le client…

(relisez “Astérix et le chaudron”, le passage sur la course d’auriges : c’est exactement ce que vous envisagez !).

Par ailleurs il faudra s’assurer que vous ne tombez pas sous le coup de la règlementation imposant un agrément ARJEL (aucune idée à ce sujet, il faudra dépiauter les textes, mais j’ai à tout le moins un doute ; votre concept ne risque-t-il pas d’être vu comme un moyen de contourner la procédure d’agrément ?).


(Camille Colvray) #9

Bonjour,

Dans le cas où l’activité s’adresse à des personnes utilisant plus ou moins régulièrement les paris sportifs, en sachant que presque tous perdent de l’argent sur un long terme, pourquoi pensez-vous qu’il serait difficile que cette dernière fonctionne ? Bien que le public visé puisse avoir peur du mot investissement et long terme, on pourrait les remplacer par d’autres qui mettrait en avant les paris sportifs et gagner de l’argent ?

Donc sous réserve d’obtenir une confirmation de L’ARJEL, l’activité que je souhaite exercer semble rester dans la légalité ?

J’ai contacté l’ARJEL mercredi dernier, leur réponse ne devrait plus tarder. Je ne pense pas contourner la procédure d’agrément ou du moins ce n’est pas le but car finalement l’activité servirait uniquement de plateforme en passant bien par un opérateur agréé pour actionner un pari sportif.

Maintenant que l’idée du projet est plus claire, mon CA c’est la facturation quand le client récupère son capital ? Faut-il également une facture quand le client place son argent ?

Je vous remercie pour toutes ces informations sans manquer de relire “Astérix et le chaudron” !


(Vincent BILLETTE) #10

Non, attention, vous commettez une erreur courante… L’ARJEL n’est pas un organisme de conseil. Le fait qu’il vous dise “ok pour nous c’est bon” ne vous protège pas.

Il vous diront si vous êtes selon eux soumis ou pas à agrément, c’est tout. Mais en aucun cas cela ne vous met à l’abri d’être ultérieurement inquiété si votre système contourne une obligation d’agrément (vous dites que ce n’est pas le but ; aucune importance, si votre concept a pour effet de contourner l’obligation d’agrément même si ce n’est pas son objet, vous êtes en infraction) et évidemment l’ARJEL ne vous répondra que sur l’agrément, pas sur la règlementation en matière de conseil financier.

(je me garderai de répondre sur les aspects économiques et comptables, qui ne relèvent pas de ma compétence laquelle en la matière est… réduite dirions-nous).


(Laurent Roger) #11

Bonjour @Camille_Colvray , quelles sont les nouvelles pour ton projet ?


Proposé avec ❤️par Camille Roux