Quel chiffre d’affaires minimum pour vivre en micro-entreprise (auto-entrepreneur) ?

Bonjour,

Je cherche à comprendre combien il faut générer de chiffre d’affaires (CA) en 2026 pour dégager environ 1 500 € nets par mois en micro-entreprise (auto-entrepreneur). Je propose une estimation, mais j’aimerais que ceux qui vivent déjà de leur activité puissent confirmer ou corriger.

Hypothèses simplifiées

  • objectif : 1 500 € nets/mois (soit 18 000 € net/an)
  • pas de TVA facturée (franchise en base)
  • pas de frais professionnels (cas théorique)
  • pas de CFE (ou négligé)
  • on reporte les cotisations sociales et l’impôt séparément

Taux de cotisations sociales 2026 (hors formation professionnelle) selon l’activité
D’après ce qui est prévu pour 2026 :

  • 12,3 % pour vente de marchandises / hébergement
  • 21,2 % pour prestations de services commerciales ou artisanales
  • 23,2 % pour professions libérales relevant de la CIPAV
  • 25,6 % pour professions libérales non réglementées (SSI)
    Ces taux semblent être les taux “plein” à partir du 1ᵉʳ janvier 2026.

Cotisation à la formation professionnelle (CFP)
En plus des cotisations ci-dessus, il faut ajouter la CFP (quelques dixièmes de pour cent selon l’activité).

Estimation brute du CA requis (ordre de grandeur)
Si on suppose que les cotisations sociales totales (hors impôt sur le revenu) s’élèvent à :

  1. Vente / marchandises
  • cotisations ~ 12,3 %
    → CA ≈ 18 000 / (1 – 0,123) ≈ 20 500 € / an (~1 708 € / mois)
  1. Prestations de services (BIC)
  • cotisations ~ 21,2 %
    → CA ≈ 18 000 / (1 – 0,212) ≈ 22 850 € / an (~1 904 € / mois)
  1. Professions libérales CIPAV
  • cotisations ~ 23,2 %
    → CA ≈ 18 000 / (1 – 0,232) ≈ 23 450 € / an (~1 954 € / mois)
  1. Professions libérales non réglementées (SSI)
  • cotisations ~ 25,6 %
    → CA ≈ 18 000 / (1 – 0,256) ≈ 24 170 € / an (~2 014 € / mois)

Ces chiffres ne tiennent pas compte de :

  • impôt sur le revenu (sauf option pour versement libératoire),
  • CFE,
  • frais pro réels,
  • fluctuations de CA selon les périodes.

Points à confirmer

  1. Est-ce que ces taux reflètent bien la réalité 2026 selon votre expérience ou ce que vous avez vu dans vos déclarations auprès de l’Urssaf ?
  2. Pour ceux qui ont opté pour le versement libératoire de l’impôt, comment cela a-t-il changé votre CA nécessaire pour obtenir le même revenu net ?
  3. Si vous avez des frais réguliers (logiciels, matériel, sous-traitance), combien en moyenne faut-il “couvrir” en plus par rapport à ces ordres de grandeur ?

Merci d’avance pour vos retours et vos cas concrets :slightly_smiling_face:

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D’une manière générale, tous statuts confondus, une activité de services et conseils sans investissements à amortir (création, d’outil, solution, site élaboré, …) fera vivre financièrement et humainement (pas trop de stress et anticipation des imprévus inévitables) son créateur s’il génère en CA brut (ou net si AE) 2,5 fois son besoin personnel.
Pour mettre dans votre poche 1500 € net, viser 45 K€ de CA est la base de la sécurité et pérennité.

Le régime de l’autoentreprise est un génial dispositif pour tester un un projet ou la développer en BtoC.
C’est aussi une belle arnaque fiscale puisque l’Etat vous ponctionne sur du CA incluant des dépenses.

Le vrai sujet c’est votre projet.
Pourquoi créer,
pour quoi, qui

Avec qui (personne ne créé seul)
Comment
Pour combien de temps.

La majorité (je ne dis pas toutes) des approches comptables et de prévisionnel sont désormais fausses d’emblées (lié aux mutations de l’économie).

Disposez vous d’un encours de prospects '“chauds” d’au moins 50 % de votre objectif (soit 25 K€ ) pour démarrer ?
Disposez vous des 5 à 10 Ke de BFR pour capter le reste ?
Disposez vous des compétences et énergies pour recommencer chaque année ?

Si oui , foncez !
En prévoyant de constituer très vite votre “comité de bienveillance” indispensable pour passer à une solution juridique pérenne et surtout plus rentable que l’AE

2 « J'aime »

Merci pour ton retour, l’approche est intéressante et change du simple calcul de charges.

Mon raisonnement était volontairement très minimaliste, pour poser un plancher théorique, mais je te rejoins sur le fait que dès qu’on intègre l’irrégularité du CA, le stress et les imprévus, la réalité est tout autre.

Ce qui m’interpelle surtout, c’est l’écart entre ce seuil “comptable” et le niveau de CA nécessaire pour être vraiment à l’aise dans la durée.
Dans les profils que tu vois, est-ce que certains arrivent à rester confortablement en micro-entreprise sur le long terme, ou est-ce que ce niveau marque généralement le moment de changer de structure ?

Merci pour le partage.