Que pensez-vous d'utiliser les services d'une boîte offshore ?

Bonjour,

J’ai reçu un email d’une boîte de Madagascar qui propose des services de développement pour du 70€/jour…

Je suis intrinsèquement contre payer des peanuts pour la création d’un produit.
Je suis également développeur et je suis un peu chauvin et je suppute que la qualité n’est pas au rendez-vous.

On m’a posé la question de ce que je pensais de ce type de service mais n’ayant jamais travaillé de près ou de loin avec une boîte offshore pour du développement je ne savais pas trop quoi répondre.

Certains parmi vous ont déjà contracté avec une boîte offshore, à faible coût ? Des retours d’expérience ?
Des avis sur la questions ?

« If you pay peanuts, you get monkeys »

C’est la sagesse populaire qui le dit :slight_smile:

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Certes je connais cette réponse et je la donne à mes interlocuteurs.
Mais je cherche plus d’arguments concrets.
Que veut dire un monkey concrètement ici :
du code pas propre ? une gestion de projet laborieux ? le moindre call facturé (à la Rayan Air) ? etc.

Nous avons été très régulièrement contacté également, par des agences basées à Madagascar et en Inde.
Je serai curieux de lire des retours d’expériences concrets sur des projets développés par cet intermédiaire…
Mais est-ce que certains seront prêt publiquement à évoquer le fait qu’ils soient passé par ses prestataires dans le cadre de leur projet ?
Pas sûr, mais en tout cas merci pour le lancement de ce sujet.

J’ai du récupérer des projets réalisés par des boites offshore à 70€/jour et je peux te dire que ça fait peur à voir.

Une code completement fouilli, des fautes de syntaxes pas possibles dans les noms de variables ou fonctions (par exemple $offre_fret_por) pour offrir les frais de port ou encore du code dupliqué de partout, des choses faites vraiment dans le désordre

Résultat, site impossible à maintenir ou faire évoluer, obligé de laisser tomber ou tout refaire de zéro.

Je ne sais pas si toutes les boites offshore c’est pareil, mais il y en a un bon paquet vu tout ce que j’ai récupéré.

Peux-être que les projets qui réussissent en offshore ne sont pas catastrophique donc je n’y ai jamais été confronté, donc je ne peux pas généraliser mais je ne suis pas sûr que ça soit une bonne idée, et ça ne vaudra jamais un développeur ou un équipe que tu peux rencontrer, avec qui tu peux échanger, etc…

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Voilà le type de réponse que j’attendais :slight_smile:
Merci je saurais quoi répondre.

J’ai une experience d’un an avec un société offshore au Sri Lanka.
Je crois que c’est interressant si vous pouvez passer la journée à faire le suivi de projet et de code.
La définition des tâches doit être très précise et votre suivi doit être fait tout au long de la journée.
Je crois que si le suivi est fait très rigoureusement alors il est possible d’avoir un résultat correct.

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Pour faire de l’offshore intéressant, il faut privilégier les pays d’Europe de l’Est. Le niveau universitaire est équivalent voir supérieur au notre et par conséquent les développeurs sont souvent aussi bons voire meilleurs. Dans certains agences, tu peux même monter ta propre équipe (tu évalues les CV, eux aussi, ils embauchent, tu payes le double mais t’es quand même gagnant). Les prix restent attractifs (mais tu n’auras jamais du 70 EUR/jour …) mais il te reste l’inconvénient de la distance (y compris culturelle).

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L’une des grosses difficultés c’est vraiment la communication. La personne que tu as au bout du fil te dira à 90% qu’elle a compris ce que tu as demandé mais tu auras trop souvent la surprise qq jours après qu’il avait mal compris ta demande.
Il faut aussi anticiper pas mal de suivi à la fois fonctionnel mais aussi technique. Je pense que le suivi doit vraiment se faire par quelqu’un qui connaît le développement informatique permettant ainsi un suivi fin de la qualité du code.

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L’offshore à été expérimenté par de nombreuses structures, parmi elles des grands comptes et ESN entre autres, par le passé depuis le début des années 2000.

Beaucoup de projet « offshorisés » on eu bien des soucis :

  • la qualité (code, intégration, tests, …) ;

  • le respect des spécifications fonctionnels et techniques ;

  • culturelles/relationnelles entre les équipes ;

  • Etc.

Les exemples plus ou moins confidentiels sont nombreux.

L’offshore est également pratiqué par des éditeurs. Des entreprises de services numériques (ESN) françaises connues et moins connues ont des centres de développement « offshorisés » également.

L’offshore est possible en Europe, dans les pays du Maghreb, en Asie mais, aussi sur le continent sud-américain.
Il existe le « nearshore » qui est une forme de service délocalisé mais, à proximité très développé en France par certaines ESN.

Aujourd’hui de nombreuses structures prospectes les sociétés françaises et pas que dans le développement logiciel (la compta, le secrétariat, la traduction, …).

Personnellement, je comprend l’attrait du prix de la prestation. Il faut toutefois bien assimiler qu’une offre à un coût extrêmement bas cache forcément quelque chose, quelle soit réalisé à l’étranger ou pas d’ailleurs. Le client étant libre de ses choix bien sûr, qu’il devra assumer.
Il y aura toujours des clients qui voudront plus pour moins, l’adage dit d’ailleurs « vouloir le beurre, l’argent du beurre et la crémière… ». Le résultat les obligera finalement à faire appel à des prestataires de proximités qui feront très souvent les pompiers, l’expérience étant généralement pas ou prou concluante mais, à quel prix.
Une prestation de qualité à un coût, le prestataire devant dans les domaines du numérique en tout cas se former, faire de la veille, prospecter, … Celui-ci si il est indépendant ne peu se démultiplier, consacrer 100% de son temps à la production mais, ce schéma s’applique à une entreprise plus importante qui aura de facto des frais de structures plus lourds, beaucoup plus lourds.
Bien sûr, les entreprises qui proposent des prestations en offshore bénéficie d’un régime économique et fiscale bien plus attrayant quand on connais les niveaux de salaires dans ses pays. Et la les collaborateurs sont très bien payés. La situation ne disparaîtra quand les différences de niveau de vie entre ces pays n’existeront plus mais, ça c’est pas demain.

L’offshore outre les aspects résultats n’entre pas non plus dans une politique RSE (responsabilité sociétale des entreprises).

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Attention ! 70€/jour en France n’a rien à voir avec 70€/jour à Madagascar, Maroc, ou Sri Lanka. Il est important de bien contextualiser cette somme.
Le Offshore n’est pas pour n’importe qui et à mettre entre les mains de n’importe qui. Il faut d’abord avoir :

  1. une vision limpide du résultat final et pouvoir le communiquer.
  2. un cahier des processus extrêmement clair et détaillé
  3. un système de vérification/contrôle très rigoureux à chaque étape.

L’erreur qui est souvent faite est de les laisser travailler en autonomie et de ne faire que le constat à la fin.

Ma recommandation est :

  1. trouver un expatrié sur place qui propose ce genre de prestations. Il comprend notre culture et le niveau d’attente niveau qualité d’une entreprise française.
  2. de ne sous-traiter (durant la première année) que les tâches non-complexes et chronophages.
  3. d’avoir un contrat solide qui détermine clairement les obligations de résultats du sous-traitant et les conséquences en cas de non-respect du dit contrat.

Pour conclure,
Le offshore est une plus une affaire de management et de gestion que de développement d’un produit.

Le offshore n’est pas à mettre entre toutes les mains.

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Entièrement d’accord !
J’ai fait confiance a une boite de Bulgarie et je ne le regrette absolument pas. Outre ses services pour obtenir des subventions que j’ai obtenues, Cette ste m’a fait profiter de son carnet d’adresses pour la sous traitance programmation mais également le suivi de ma compta.

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Bonjour a tous,
Generaliser sur ce sujet serait une erreur. La question n’est pas tant si offshore, outsourcing, freelancer, agence locale, ou co-fondateur techos, mais plutot comment en tant que porteur de projet on se sent de travailler.
Gerer un projet IT est relativement similaire quel que soit la formule. Specifications fonctionnelles et techniques, methodes de developpement, bonne communication, suivis, documentations, maintenance.

La qualite d’un projet n’a pas correlation avec la nationalite, race, religion, ou couleur de cheveux, mais du professionnalisme du prestataire et de son experience.

Je rejoins les point suivants:

  • Un cahier des charges bien fait
  • Une methode de developpement compris par tous.
  • Des process de validation manuels ou automatises (Unit test, Functional test, Continuous Integration, Test plan…etc.)
  • Avoir un interlocuteur qui comprend les besoins
  • Des tarifs « normaux » (base sur les competences et le cout de la vie)
    Tous ces criteres sont valables qq soit la formule. Le hic, c’est que l’on veut souvent prendre des raccourcis :wink:

Cela fait 2 ans que j’ai cree ma societe aux Philippines (10 collaborateurs), mes clients sont bases en France, en Amerique du nord, a Singapour et ils renouvellent tous les uns apres les autres, car la qualite que nous fournissons est egale a l’amour de notre metier.
(Allez voir sur www.startechup.com ou envoyez moi un email a bleroux@startechup.com et je vous prouverai que l’offshore peut tout a fait etre une solution viable).

Chers confrere IT, pouvez-vous m’expliquer pourquoi quelque soit le projet que nous reprenons nous avons la tendance de critiquer ce qui a ete fait precedemment?

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Souvent, trop souvent… du fait des délais, de la pression entourant le projet le développeur va vite, très vite, parfois et même souvent un peu trop vite… pour satisfaire, faire plaisir ! Par expérience, le développeur aime faire beau, joli, … ce faire plaisir aussi ! Du coup « il réinvente le fil à couper le beurre » !
Voila pourquoi il y a souvent matière à critiquer un projet que l’on reprend !
Après il faut que cela reste constructif bien sûr et ne devienne pas une attaque personnel, car personne n’est parfait, moi le premier et il y a toujours matière à améliorations.

Oh ca ce n’est pas que vrai en IT.
Va changer d’avocat et montre à ton nouvel avocat le travail du précédent, qu’il soit de qualité ou non il sera (vivement) critiqué.

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D’un point de vu déontologique on n’est pas sensé critiqué un confrère… En tout cas ouvertement !

Pourtant dès fois…

C’est aussi le cas dans le monde du salariat, le réflexe d’un remplaçant est de critiquer le travail de son prédécesseur.
Ce n’est pas toujours signe de pragmatisme.

Tout a fait d’accord avec toi Frederic. Il y a trop souvent un conflit entre les objectifs business et les objectifs personnels du/des developpeur(s). Difficile de concilier l’utile (business) a l’agreable (apprentissage).
Avant je critiquais un peu vite les predecesseurs. Desormais, je garde ma langue pour voir l’avenir avec le client…
Si les choses sont tels qu’elles sont, c’est qu’il doit/devait y avoir une raison. Aucuns developpeur n’est parfait au final :wink:

Personnellement, j’ai crée il y a quelques années mon entreprises à Hong Kong. Ils ont la-bas une vision de l’entreprises tout a fait différente. A tel point que j’ai du ouvrir un bureau a Londres pour toucher les clients français.
Il ne faut pas craindre d’utiliser les services d’entreprises offshores.
Je dis toujours à mes clients qu’une boite à Hong Kong peut faire aussi bien sinon mieux qu’une boite située à Marseille ou à Lille.
http://eastalliance.net/

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C’est une question d’image le bureau à Londres? Afin de rassurer les clients français? Ou bien une obligation quelconque afin d’accéder au marché?
Quoi qu’il en soit les différentes offres font quand même très sketchy.

Proposé avec ❤ ️par Camille Roux