Quel avenir pour les informaticiens... la fin?


(Karim) #1

Bonjour à tous,

C’est un peu long, mais nécessaire pour expliquer le raisonnement avant la question finale.

Je discutais, il y a de ça 2 ou 3 ans, avec une personne bien placée chez Deloitte.
Le marché des grands étant saturé, ils chassaient dorénavant sur les terres de la TPE/PME/ETI.
Fait intéressant, cette personne m’expliquait que la compta deviendrai gratuite pour les entreprises.
La plus value étant sur le conseil en stratégie, le gros plus de ces cabinets.
Récemment, un autre gros cabinet, KPMG, c’est installé dans un petit bled pas loin de chez moi… la cible étant évidemment les TPE/PME.

Ces deux cabinets sont spécialisés dans l’audit et le conseil et visent clairement le gros marché qu’est la TPE, PME et ETI.
Vu les moyens, leur installation sur ce marché sera assez rapide, dans les 5 à 10 ans (pour être très large), tuant par la même occasion tous les petits cabinets d’expertises comptables puisqu’offrant gratuitement, dans un avenir plus ou moins proche (5 à 10 ans d’après cette personne) le service qui fait la poule aux œufs d’or de ces petits cabinets : la comptabilité.

J’en suis venu à faire une analogie avec l’IT.

Dans ma carrière, j’ai travaillé dans 2 des 5 plus grosses SSII mondiales.
Si la partie technique représentait une part non négligeable de leur business il y a quelques années, un autre pendant à pris de plus en plus d’ampleur : l’audit et le conseil en stratégie (gouvernance, gestion de projet, gestion de service, etc.)

J’ai discuté récemment avec un des partners d’une de ces grosses SSII qui m’expliquait que le métier s’orientait de plus en plus vers le conseil et l’accompagnement au détriment du technique (en France).
Et que la cible TPE/PME/ETI entrait dans leur viseur.
Or ce mastodonte dispose de plusieurs datacenters en europe et, est à même de proposer nombre de services : ERP, CRM, sécurité, messagerie, etc.
Il peut facilement développer nombre de services SAAS sur mesure pour les TPE/PME/ETI (grâce à leur filiale near et off-shore… pour avoir travaillé avec eux, le niveau est assez haut).

Je me dis que ces SSII pourraient faire la même chose que les cabinets comptables en offrant les services et outils de base aux TPE/PME/ETI les soulageant ainsi de leur informatique (plus de serveurs).
En effet, le développement de la FTTH s’intensifie en France : Orange abandonne l’adsl au profit du raccordement fibre et tous les départements (via les conseils régionaux) développent leur réseau FTTH.
Le raccordement fibre optique haut débit c’est pour demain.

Bien évidement on peut se dire que le marché de la startup est florissant et nous protège de ça… mais !

Au début des années 2000, alors en stage, je discutais avec mon tuteur à propos d’Internet. A cette époque, moteurs de recherche, opérateurs et services florissaient.
Il fit une analogie avec l’automobile : au début des année 1900, en France, il y avait plus d’une centaine de constructeurs. 50 ans après… 3 !
Pour Internet se sera pareil, mais en un temps multiplié par dix me disait il… Il avait raison : A peine 3 gros moteurs de recherche, dont un qui représente plus de 95% du marché, des opérateurs réduits à peau de chagrin (même s’il en reste pas mal, la plupart vivote ou sont attachés à de grands groupe : Vivendi, CIC, la poste, etc. Mais le marché reste concentré sur les gros opérateurs).

Donc, on peut se dire que tous les services intéressants les TPE/PME/ETI proposés par les startup d’aujourd’hui seront siphonnés (rachat ou copie) par ces grosses SSII qui ajouteront ces services aux services existant à moindre frais, voir gratuitement. Les rachats commencent.
Pour se concentrer sur leur plus value : audit et conseil.

Je ne cherche pas à polémiquer et ne parle que du B2B ; les contacts que j’ai eu avec ces personnes, plutôt bien placés dans leurs hiérarchies, ne laissent aucun doute.

Je m’interroge juste sur les métiers de demain… et quand je dis demain, c’est vraiment demain. Parce que je pense que le freelance technique IT (infra, dev, etc.) va en prendre un sacré coup derrière la tête.
On s’oriente vers de l’audit, conseil et de l’accompagnement mais j’ai pas une vision à 360 de ce secteur.
Si vous avez des pistes vis a vis de votre métier et de discussion avec des personnes impliquées dans la stratégie de grosses boites IT (peu importe le domaine)… ça m’intéresse fortement.

Merci


(ph_coiffard34) #2

Discours très intéressant… pour être souvent intervenu auprès de grands comptes en mode Gestion de crise, suite au passage de 1 ou plusieurs de ces grands noms du conseil, qui ne font que de l’audit et du conseil sans obligation de résultats, cela laisse de sérieuses perspectives d’avenir et de business dans le redressement de ce qu’ils n’auront pas su mettre en oeuvre.


(Karim) #3

Merci @ph_coiffard34, après 160 vues et 2 “j’aime”, enfin un retour

Je me rends compte que je n’ai pas précisé une chose.
Effectivement il y a l’audit et le conseil mais de plus en plus: du management de transition, a temps partagé ou en renfort.
Ex.: des chefs de projets expérimentés dans un domaine pour un projet sur quelques mois.


(Seb) #4

Je ne sais pas si ça va vraiment répondre mais j’ai deux impressions ces derniers temps et je trouve qu’elles s’approchent pas mal de votre questionnement.

La première, j’ai travaillé pendant deux années dans une SSII en tant que dev spécialisé front. Je suis passionné de technique et j’aime travailler dans les nouvelles technos. J’ai quitté cette boîte il y a deux mois pour me recentrer sur des technos qui me plaisent d’avantage en intégrant une autre SSII mais plus petite (je suis passé d’une multinationale de 70000 collaborateurs à un groupe de 200 personnes avec 95% de prestataires dans des très grosses entreprises). Je fais partie des quelques 5% qui sont dans les locaux de l’entreprise au sein du centre de compétence.
Le constat que j’ai eu et qui m’a motivé à partir est qu’effectivement mon ancienne boite se centrait d’avantage sur les process et les suivis. La qualité était secondaire, ce qui a vite été frustrant pour moi. En terme de population il y a une majorité des collaborateurs qui étaient spécialisés en management, mais très peu dans le technique, ou d’un niveau moyen.

Pour ce qui est de mon second constat, il me semble que le métier évolue comme la société vers de “l’uberisation”. Hier encore on discutait avec les collègues des difficultés rencontrées à recruter un nouveau dev, et nous nous faisions la remarque suivante : il est très dur pour un bon dev freelance et passionné d’assurer un projet seul pour des TPE / PME car il y a un vrai risque de redondance et d’ennui. Ce genre de freelances préférerons soit arrêter leur activité pour rentrer dans une boite plus grosse, soit se faire sponsoriser par une boite pour travailler en prestataire.

Je pense que le métier ne cesse d’évoluer et les besoin aussi. Un application Saas va répondre a un besoin souvent de niche, va peut être devenir rentable, jusqu’à ce qu’un concurrent n’arrive avec une idée meilleure. Par ailleurs on aura toujours besoin de bons devs, de mecs calés sur de l’infra ou de personnes capables de conseillers au mieux les clients


(Laurent Roger) #5

Plus il y aura des auditeurs, des conseillers , des professionnels de l’accompagnement etc, moins il y aura de personnes compétentes et plus il y a aura besoin de “pompiers” compétents en infra, dev, devops, front, mobile, hardware.
Formez vous tout au long de votre vie ! Développez, testez, fabriquez ! Les grosses boites viendront vous supplier de travailler pour eux, choisissez le projet qui vous fait kiffer le plus et chargez un max :wink:


(Karim) #6

Bonjour @lc3t35,

En se qui concerne les infrastructures (serveurs et réseau lan), actuellement pour une PME de 100 à 150 personnes, le cout total de possession (TCO) est d’environ 100k€ pour une infrastructure à haute disponibilité, résiliante et permettant un PRA en quelques minutes.
Ceci intègre le coeur de réseau, 2 baies aux serveurs/stockage virtualisés + sauvegardes, le tout en cross-site mirroring ou cross-room mirroring.
Beaucoup d’ETI/grosse PME et maintenant collectivités sont passées sous ce modèle… le mouvement s’accélère.

A ce TCO (sur 5 ans, limite des CarePack sur le matériel) il faut ajouter:

  • les contrats d’assistance: 5000k€/an
  • Le surplus salarial (+charges) d’une personne ayant la double compétence assistance users/administrateur système-réseau: min 5000k€/an

Sur 5 ans:
Opex=50k€
Capex=100k€
C’est le cout d’une telle infrastructure: 150k€ par renouvellement (tous les 5 ans) dont les 2/3 à mobiliser tout de suite en trésorerie.

Le modèle décrit (virtualisation serveurs+stockage) rende ces infrastructures prêtes à l’IAAS… un “simple” export suffit… en 1 we c’est fait.
Mais, pour l’instant, les débits internet sont le gros frein pour ce modèle… mais voir ci-dessus ce que j’expliquais sur la FTTH.

Un transfert de ses serveurs vers l’IAAS serait rentable pour un cout de location inférieur à 30k€/an faisant ainsi passé la part Capex en Opex et ne mobiliserait plus autant de trésorerie.

Donc l’avenir des infras et du hardware sur site s’obscurcit de plus en plus.

Idem avec les Telecoms:
De plus en plus d’opérateurs (les gros) proposent des solutions intéressantes pour s’affranchir des autocoms et couts associés (achat PABX/IPBX, ligne T, couts de communication, etc.) pour aller vers une convergence Fixe, mobile, Internet.
Pareil, le transfert Capex vers Opex rend la démarche intéressante (même si ce n’est pas autant que l’infra), à cela s’ajoute le fait de ne plus avoir besoin de la compétence en interne.

La aussi l’avenir telecom sur site s’obscurcit de plus en plus.

Le hadware, poste de travail:
La virtualisation du PC en est encore a ses balbutiements… l’infra nécessaire derrière est onéreuse et demande beaucoup de ressources en support et maintenance.
Mais c’est la révolution en cours dans l’infrastructure d’entreprise, après la virtualisation des serveurs et du stockage… c’est la prochaine étape des DSI.
Pour le poste de travail, on parle d’un TCO divisé par 5 ou 6 et une économie astronomique sur le support hardware/OS.

La aussi l’avenir du hardware sur site s’obscurcit de plus en plus.

Le front, via les interface web, n’est plus internalisé depuis des lustres en raison de problème de sécurité.
Aucune entreprise sensée ne le fait et préfère sous traiter son hébergement chez des spécialistes.
Le dev lui reste en interne… mais pour combien de temps?

Pour le dev, là je manque de vision mais l’intervention de @spen confirme ce que je pense.

Je ne pense pas que qui que ce soit viendra nous supplier de venir bosser pour eux à quelques rares exceptions.
La plupart des métiers existant seront redéployés sur les datacenters.
L’avenir du freelance dans tous ces domaines me parait assez sombre sur les TPE/PME/ETI qui est le marché d’aujourd’hui et demain, le marché des grosses entreprises étant saturé.


(Laurent Roger) #7

@Aka74 et bien quel pessimisme ! je ne partage pas du tout votre point de vue sauf sur le fait que les PME/ETI sont le marché de demain.

Le futur s’appelle MSP (Managed Service Provider) / Services informatiques managés, plus besoin de mobiliser de la tréso, du personnel spécialisé, rare et coûteux, d’interlocuteurs multiples pour le hard, l’infra, les postes, le support, les télécoms.
Un coût par utilisateur et par mois en fonction du niveau de service souhaité.
Prévisible, flexible, ajustable à la hausse comme à la baisse, c’est ce qui répond aux attentes des dirigeants de PME (en particulier pour ceux n’ont pas de DSI). Me contacter en MP pour plus d’infos ( disclaimer : je bosse dedans :wink: )
On aura besoin de profils devops agiles : des dev qui s’intéressent au déploiement (docker etc …) et des barbus “ops” qui savent coder (infrastructure as a code). Informaticiens ce n’est pas la fin ! c’est le début : Formez vous tout au long de votre vie ! Développez, testez, fabriquez, itérez !


(Karim) #10

Concernant les SSII
C’est une vision un peu caricaturale de viandards qui n’est qu’en partie vraie (pour les moyennes et petites plus particulièrement).
Beaucoup sont reconnues pour leurs spécialisations : banking, industrie, pmo, datacenters, etc.

Job infra/Cloud
Je ne parle pas de services type Amazon ou OVH.
Mais de sociétés spécialisés en datacenter pour hébergement d’infra entreprises: infra + service (je connais une SSII qui le fait pour ces gros clients).
Ils intègrent l’infrastructure du client (ils le font eux-même, ce n’est pas Amazon), et gèrent l’administration des serveurs…
Ces transferts, je l’ai déjà fait.
Ces services, je les ai déjà utilisé.
Rien à voir avec Amazon

L’architecture d’une infrastructure ne demande pas une personne à temps plein. C’est un projet ponctuel qui peut-être sous traité.
L’administration des systèmes se sous-traite aussi et peut être fait à distance.
J’y ai eu recours plusieurs fois (des admins administrant les serveurs à distance: plus besoin de ce profil en interne, 10 a 20 fois moins chère qu’une ressource interne).
Ses sociétés (hébergement d’infra) disposent de ces profils.

Lorsque ces boites feront ce que font des cabinets comme Deloitte ou KPMG dans la compta… l’uberisation de profil tech va prendre un sacré coup dans l’aile.
5, 10 ou 15 ans… je ne sais pas mais dans ce milieu ça peut aller très vite.

VDI
Attention: sur site, seuls les terminaux sont nécessaires.
Des terminaux équipés d’OS light, basés sur linux, robustes et ne nécessitant aucune maintenance, permettent de se connecter au serveur de VDI.
L’attribution des IP de ces terminaux se fait via n’importe quel DHCP… le firewall par ex, dont tous disposent de cet option.
C’et une fois connecté à la VDI que l’on se connecte au réseau géré par un AD… qui se trouvera sur le même site que le serveur VDI.

Docker
Dans mon 1er message je parlais des services de base: infra, ERP, CRM, PLM, etc. (les pilier d’un SI) auquel s’ajouteraient des services annexes dédiés aux PME/ETI: beaucoup qui existent déjà en Saas.
Ca, ces boites sont en capacité de le faire dans n’importe quel domaine: industrie de prod, retailing, transport, commercial, etc.
Une sorte de package SI de démarrage à moindre cout ou gratuit.
Bien evidement, ces boites proposeraient à leurs clients du dev spécifique (qui serait industrialisé puisque plusieurs clients dans des secteurs identiques… abaissant ainsi les couts)… ce qui se fait déjà depuis un bail.

(…)
Beaucoup d’entreprises considèrent la DSI comme un centre de cout car activité de support (cf. Chaine de Porter).
D’ailleurs dans énormément d’entreprises, la DSI dépends du service financier et non de la direction générale.

N’étant ni coeur de métier, ni levier de performance (même si l’apport en plus value du SI est un gain non négligeable), et comme tous les autres activités de support… il faut tailler dans le gras.
La techno le permet (et la FTTH va accélérer le pas), les services aussi (ils existent déjà).


(Karim) #12

J’ ai été responsable infrastructure grand compte, j’ai réalisé la migration serveurs d’un gros client vers les datacenter de l’entreprise qui l’employait (3 en Europe, admin sur place)… il y a 10 ans.
Les mises a jour et administration sont faites par le prestataire (on peut extrapoler à la VDI… et oui l’os sur les terminaux est sous Linux, mais aucune maintenance à faire)

En tant que DSI, sur dernier poste, j’ai externalisé l’administration de nos serveurs à une societe. Prise en main à distance, déplacement en cas de besoin.
Niveau de service excellent


(Sylvain Gendrot) #13

J’ai relu tes messages et j’en l’impression de rater un truc dans ton raisonnement.

Le hardware et l’infra local va disparaitre, ça j’ai.
Les grosses SSII, dont tu parles, ont des datacenter (hors de France) et vendent des packages: hébergement + maintenance (fait par les admin sur place).
Et en gros, ces boites attaquent maintenant le marché PME/ETI et vont bouffer le job des freelance.

Sauf que tu occultes volontairement le Cloud, ya Amazon, Microsoft et Google.
La puissance de feu des ses SSII va-t-elle résister à celle de Microsoft, AWS et Google ?

Beaucoup de data à migrer dans le Cloud et la FTTH est limite ? Pas de panique, AWS envoie des camions, littéralement.
Ces SSII font de l’IoT ? Car AWS le fait déjà.
Besoin de VDI ? c’est aussi sur AWS

Et enfin vient le seul truc qui compte, le coût. Et le Cloud est beaucoup moins cher.

Donc la question est là, est-ce que la gestion de l’infra va être externalisé dans d’autres pays (pays de l’est) ?
Mais pourquoi ce n’est pas le cas aux US ? Pourquoi un Netflix n’a pas externalisé son admin car ils sont déjà full Cloud ?
Je ne peux que supposer sur la raison, mais en tout cas, tant qu’il ya toujours des jobs de support à SF, yen aura encore ici.

Pour moi, on joue à se faire peur. Il faut regarder les US (SF et NY) et tu vois ce qui va arriver ici 5/10 ans plus tard.


(Karim) #14

Effectuvement, Microsoft avec son offre office, exchange, sharepoint , dynamics et OneDrive se positionne très bien sur ce marché.
La culture tournée entreprise de Microsoft et ce qu’ils sont en train de mettre en place depuis 10 ans maintenant les positionnent bien.
Surtout que Microsoft maîtrise toutes les briques de base SI entreprise: Serveur, domaine, messagerie, dB, collaboratif, intranet, données, ERP, CRM.
Ce sera un acteur majeur qui dispose d’un réseau de partenaires conséquent.
Google et Amazon ne maîtrise pas l’ensemble de ces briques et ont trop de retard.

Une des SSii dont je parlais vient de fusionner avec Hewlett Packard l’an dernier… HP concurrent direct d’un des big 4 de l’info serait-il sur les traces de IBM qui a définitivement réorienté sa stratégie vers le service?
Le même HP qui il y a quelques années rachetait une boite côté 100M€ plus de 1,2 milliards pour que Dell n’entre pas sur le marché du Cloud.
Il se passe bien quelque chose.

En ÉTI, lorsque j’ai commencé ma carrière la taille d’un service info était de 6/7 personnes… partout où je suis passé en prestation était à peu près de cette taille.

Depuis moins de 10 ans la taille se réduit.
3 personnes en moyenne.
Je viens de passer dans une boite de 2500 personnes, où ils sont 4: dsi, chef de projet, 2supports… le reste est externalisé, et pas vers des free-lance.

Ce n’est pas en prenant des ex comme Netflix que l’on peut généraliser.
Les PME/ÉTI française sont plus industrielle et Retailing.

Je vois cette évolution depuis 15 ans de l’intérieur et c’est la tendance que j’observe.

Je pense que tu as une vue trop startup tech/web et pas assez entreprise. C’est complètement différent

(Désolé pas évident, je suis sur un tel pour répondre)


(Karim) #16

J’ai 15 ans dans l’industrie type PME-PMI/ETI (j’intervenais dans les filiales de grands groupes qui rachetaient ces PME)… je parle de 100 (à partir de 50 ça devient intéressant) à 500 users PC.

Retailing, je parle du siège de ces boites (dans le sport, elles sont toutes dans ma région, et toutes les autres enseignes ont leurs succursales régionales dans le coin).

On peut même parler des collectivités à partir de 15k habitants (je suis intervenu ici aussi).

Je suis en Rhône Alpes, c’est le tissu le plus dense en France en PME-PMI/ETI… je ne parlais que de ca (le marché artisant et TPE ne m’intéresse pas).

Je pense qu’on ne parle définitivement pas de la même chose.


(juvert) #18

Je travaille en Freelance pour une grosse SSII sur une solution visant à mettre en place un espace / cadre de travail permettant aux développeurs de s’affranchir de la technique. Là où il prend aujourd’hui une semaine à “coder”, demain il ne lui faudra que quelques minutes à “configurer”.

Plus besoin de se soucier de la sécurité, de la stabilité, des performances, du déploiement etc. etc. et je me demande même si ça ne serait pas possible de pouvoir engager des gens sans aucune connaissance techniques, présents pour apporter des solutions techniques.

Cette solution est co-portée et co-financée par cette SSII et l’un de ses clients grand compte, ça fait plusieurs millions d’euros à l’année. Par ailleurs, cette solution n’utilise que de l’open source, et a vocation à devenir elle même open source.

Nous avons 9 projets d’envergure pour ce client et l’idée maîtresse est que sur chacun de ces projets, au lieu d’avoir cinq ou six personnes au profil technique moyen (des p’tits jeunes) pour développer, qu’il n’en reste plus qu’une ou deux mais fortement orientées métier / conseil.

Parlant d’open source, l’offre est gratuite, toujours plus complète, performante, adaptative, et vient soit de petits groupes de génies (ex: ZeroMQ), soit de consortium comme Apache avec Mesos et compagnie ou de grandes entreprises telles que Twitter, Facebook, Google etc.

L’offre est toujours plus abondante, gratuite etc. et le modèle économique de l’Open Source est basé sur l’infra, la haute disponibilité et bien évidemment le conseil, la stratégie, donc le métier, pas la technique.

Je vois donc un écosystème technique en train de muter et dont la population va se diviser. Ceux aux profils techniques faibles mais très orienté métier et ceux considérés comme des élites permettant de construire ce qu’il faut pour outrepasser la technique et s’orienter d’avantage métier.

J’ai alors fort à penser que demain, ça ne sera plus un éditeur de logiciels qui construira des produits pour des métiers ciblés et visés, mais des acteurs de ces métiers directement au moyen de solutions gratuites.

Un autre exemple de ma modeste expérience, c’est que j’ai construit une solution pour un besoin ciblé. Je me suis concentré sur la technique afin d’apporter quelque chose de pas cher et également pour améliorer l’état de l’art pour ce besoin ciblé, état qui n’a pas bougé depuis 15 ans.

Le client indique ses besoins et la solution fait le job, job qu’il est trop complexe à faire humainement “à la main” (mathématique, recherche opérationnelle etc.). Mais de plus en plus nos clients nous demandent des audits, des analyses, que l’on s’imprègne de leur métier et que l’on définisse la stratégie adéquate. En d’autres termes, il veut que l’on configure nous même le produit selon ce que l’on juge de mieux pour son métier, son activité, son contexte etc.

Ce métier ciblé est la logistique et il y a 6 ans quand j’ai commencé à travailler là dessus, j’étais à 10.000 lieux qu’un jour je devrai recruter non pas des ingénieurs (le taf est fait), mais des logisticiens.

On sent bien que la technique est de moins en moins une fin et de plus en plus un moyen voire une contrainte, qui coûte de moins en moins cher, et donc a de moins en moins de valeur.

Mais c’est normal ces transitions rapides et parfois violentes, c’est un ensemble de métiers qui n’ont que 35 ans d’age. Je pense que l’on se cherche encore.


(Karim) #19

Désolé d’avoir provoqué le quiproquo alors, je pensais que c’était clair vu les budget infra dont je parlais.
Je prendrais le temps de répondre à tes questions un peu plus tard


(Karim) #20

En AMOA, parfois (les points ci-dessous sont peu pénalisant en amoa).
En MOE, jamais.
D’ailleurs sur les appels d’offre, la mention “obligation de moyen (dont humain)” était toujours présente.
La raison: limiter le risque en faisant appel à des cabinets ou ssii.

  • En phase de réalisation, la personne peut prendre des vacances ou être malade.
    En fonction de son expertise et importance sur le projet, son absence peut paralyser le projet.
    Prendre une société assure d’avoir un remplaçant le lendemain au cas ou, avec un freelance ce n’est pas possible.
  • Le projet peut prendre du retard, une société peut déléguer une ressource supplémentaire ponctuelle pour aider le consultant afin de rattraper son retard (sans couts supplémentaires en fonction du contrat), avec un freelance ce n’est pas possible (car avec couts supplémentaires).
  • Personne n’est incollable, sur un projet n’importe qui peut se retrouver devant des difficultés particulièrement handicapantes.
    Un consultant peut s’appuyer sur le réseau d’experts de sa société pour l’aider. Pas un freelance dont on ne connait pas le réseau.

Ce que j’ai vu jusqu’à présent: en général c’est le prestataire qui à mis en place/fait évoluer l’infra qui la gère. Peu de chance de multiplier les prestataires. On évite ainsi le syndrome de la patate chaude.

Mais, suivant le niveau technique au sein de l’entreprise, il peut être fait appel à de l’AMOA pour construire l’offre, faire les appels, sélectionner le presta et suivre la mise en oeuvre, faire la recette.

Je ne connais pas les tarifs opérateurs/installateurs que sont Orange et Free. Mais je connais les tarifs pratiqués par un syndicat mandaté par un conseil général.
Fibre noir (sans opérateur, juste la fibre) d’un site à un NRA environ 400€/mois. Pour 2 sites (site users/site infra), 2 connexions NRA soit 800€/mois.
Ce sont les switchs que l’on mettra sur chaque site qui délimiteront la bande passante… 10Go facilement donc aucun problème avec la VDI. J’ai fait ça pour du cross site mirroring.

Je n’ai pas regardé les problèmes de latence (c’était pour de la réplication entre baies).
Pour l’affichage ça peut être problématique… quoiqu’avec les nouveaux standards de compression vidéo (voir Citrix & Vmware), il parait que ça pose de moins en moins de soucis.


(Karim) #21

C’est exactement ce qui se passe sur les ERP (je vois ça avec SAP).

Depuis quelques années on ne cherche plus d’informaticien mais des profils métiers: commerce/marketing, production, comptable, logisticien.
Ces progiciels ne sont que du parametrage.
Pour les développements spécifiques, il y a des SSII spécialisés. En ABAP (pour SAP), SQLI par ex.
Donc des métiers pour parametrer et que très ponctuellement, du dev spécifique via des SSII.
Ou alors, pour un informaticien, se certifier APICS pour la gestion de prod et BASICS pour la logistique.

Microsoft prend le même chemin avec Sharepoint (déjà fait sur la partie BI) et bientôt avec Dynamics.
Je ne connais pas bien les autres ERP, je ne m’avancerai pas plus pour d’autres éditeurs.


(Karim) #25

On parle pas de la même chose, ca n’a rien à voir avec mon 1er message.

C’est pour cette raison que j’ai effacé mon dernier message et que j’en resterai là , ca troll beaucoup trop (et je n’aurais pas dû remettre 10frs dans le nourrin).

Dommage il y a eu 2 interventions qui m’intéressaient et sur lesquelles j’aurais dû demander un peu plus d’infos au lieu de partir sur une discussion qui n’apporte pas grand chose puisque paS dans le sujet.


(Sylvain Gendrot) #26

J’ai supprimé mes messages car j’étais hors sujet.

Désolé, mon attention n’était pas de pourrir la discussion, j’ai raté l’idée principale, ça arrive.


(manu) #27

Du coup, ce post me parait beaucoup plus intéressant!!
@sgendrot, tu peux, par exemple, ouvrir un sujet sur lequel tu as envie d’ouvrir un débat, et ceux qui sont intéressés te rejoindront.
@Aka74, je pense qu’il encore temps de demander tes infos, car à part @juvert et @lc3t35 et @spen, il y a peut être des chances pour qu’ils te répondent! (au lieu de s’enflammer)
moi, c’est fini, j’arrête avec ce forum, c’est du n’importe koa


(Yvan L'hermet) #28

bonjour Karim,

si le marché des TPE/PME/ETI est le marché de demain je crois que tu as du souci à te faire.
Je me suis forcé à lire ton analyse et j’ai l’impression de lire une revue 01 INFORMATIQUE des années 1980 ou IBM régné (de profundis ). Quelle prise de tête, il n y a pas une seule phrase qui n’utilise un acronyme TCO FTTH IAAS PABX … Capex Opex. Penses tu pouvoir parler avec un patron de TPE PME.
Pourtant ton anlayse et tes chiffres sont pertinants.

Je travaille pour des TPE et PME depuis 45 ans et la préoccupation de mes interlocuteurs est ailleurs, face par exemple à un accès internet interrompu pendant des semaines malgré des contrats d’assistance hors de prix à leur échelle.

Je crois ferme que la solution est ailleurs, par exemple dans le transfert des besoins sur smartphone et une convergence des outils avec le grand public ou les couts sont réduits d’une part par les productions de masse, mais surtout par l’expérience utilisateur qui devient le bien le plus précieux et acquise depuis le plus jeune age.

Et Oui les gens compétents et recherchés par les PME et qualifiés d’ INFORMATICIENS ne sont plus les ingénieurs BAC+5 dépassés par l’évolution de notre métier (j’ai commencé carrière en perforant des cartes) , mais plus par le passionné qui va charger Android studio ou équivalent et qui connais bien l’activité de la PME.

pour résumé je reprendrais la citation de Darwin :

Ce n’est pas le plus fort de l’espèce qui survit, ni le plus intelligent.
C’est celui qui sait le mieux s’adapter au changement.

Et c’est vrai particulièrement pour notre métier d’ INFORMATICIEN, mais tout les métiers sont concernés !


Proposé avec ❤️par Camille Roux