Storytelling en action

On entend beaucoup parler du storytelling, en français l’art de « raconter une histoire ».

Quels sont vos retours d’expériences sur le sujet, est-ce quelque chose qui vous intéresse, que vous parvenez à mettre en pratique, quels obstacles et difficultés rencontrez vous…

Enfin, n’hésitez pas à partager vos ressources sur le sujet (livres, articles, vidéo, slideshares, etc.)

Merci à tous!

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En voilà un sujet vague…
Je donne souvent cet exemple de vidéo un porteur de projet doit faire une présentation.

Ok on est plus sur le concept général et la trame que sur du storytelling pur mais ça peut être utile!

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Bonjour @HAAN,

Concept intéressant…

Sur le principe, le fait de raconter une histoire pour capter l’attention et faire passer un message est fort judicieux car nous avons tous une part d’émotionnelle depuis l’enfance, quand nos parents nous lisaient des contes par exemple (il était une fois…).

A mon sens, il est nécessaire d’organiser l’évènement et avoir un auditoire réceptif et enclin à accueillir le message que l’on souhaite faire passer. Avoir correctement étudier sa cible, pour faire mouche le plus efficacement possible, car le temps perdu c’est de l’argent perdu (location de salle, personnel affecté, budget com’…)

Il est utile de créer les conditions propices pour que les gens (prospects) se sentent à l’aise, souvent ils sont déjà en demande latente, s’ils ont été approché correctement en amont.

Un bémol : c’est bien adapté pour une réunion menée en public, perso je n’oserais pas le faire en argumentation individuelle (négociation avec 2 personnes).
Qualités mises en oeuvre : prise de parole en public, capacités théâtrales et d’improvisation, il faut aussi parfaitement maitriser son sujet.

Bref, à mon avis, il y a une panoplie de qualités à travailler pour ceux qui souhaitent le mettre en pratique.

Après, cadrer l’histoire de l’entreprise dans un contexte oui, raconter une histoire (?), l’essentiel est de rester authentique et fidèle à l’image que souhaite véhiculer l’entreprise.

Si « l’histoire » est attrayante, cela peut constituer une stratégie de communication gagnante, et surtout plus facilement marquante (et donc plus facilement mémorisable), pour les relances d’affaires à venir.

Une communication narrative est toujours mieux accueillie qu’un discours massif, étayé uniquement de données, qui n’ont parfois de sens que pour l’entreprise en action.

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J’ai fait pas mal de recherches sur ce sujet et je trouve que c’est vraiment un point primordiale qui est complètement négligé en France.

J’ai lu pas mal d’articles/blog/slideshow sur le story-telling et j’ai été déçu. ils sont souvent pauvres et se limitent (tout le temps) à la success-story.

Ps: quand je vois Apple ou Free, leur story-telling n’est pas celui de la success-story mais celui de David contre Goliath !!

Ensuite, j’ai remarqué qu’on n’a pas une seule histoire à raconter, on a une histoire par public et par période de temps.
Vous allez avoir une histoire pour votre levée de fond, une pour vos clients, une pour vos employés, une pour la presse, etc …

Et pour faire rêver, il faut déjà une bonne histoire.
Je suis donc allé chercher des sources dans le cinéma et j’ai adoré L’anatomie du scénario de John Truby.
La première partie est la seule importante pour nous, il y explique les types d’histoire et leur construction/fonctionnement.

ça peut surprendre de devoir lire ce livre mais entre:

Expliquer à des investisseurs que votre précédent échec vous a appris quels erreurs ne pas faire et qu’être entouré c’est important.

Et:

Raconter que vous vous êtes battu, que vous avez commis des erreurs, persisté à les faire malgré les conseils de vos proches et provoqué vous même votre chute … mais cet échec est votre révélation sur vos faiblesses, qu’il vous permis de grandir et que vous venez les voir pour réussir grâce à leur aide.

Laquelle des 2 histoires va vous aider à lever les fonds ??

Et pour raconter une bonne histoire, il faut savoir comment écrire une bonne histoire. D’où « l’anatomie du scénario ».

Ensuite, le reste c’est de la communication classique:
-martelez le même message

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Je pense que le storytelling s’adresse à des gens capables d’écrire des scénari, des gens venant de l’univers de la création à profil d’écrivains ou de scénaristes vidéo/audio. Ce n’est pas donné au premier entrepreneur qui passe. Chacun son métier. Personnellement, si j’y recourrais, c’est une fonction que je délèguerais à des spécialistes.

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Bonjour,

Etrangement, je vois difficilement une storytelling qui s’attarde trop sur les erreurs et les échecs (même si cela fait partie du lot quotidien) mais bien quelque chose plus tourné vers l’optimisme, qui donne envie « d’adhérer » et donc « d’acheter ». Le « oui » remporte souvent un « oui » (avec un peu de bataille certes, mais c’est toujours mieux que de partir défaitiste, même pour un storytelling : l’enjeu est encore plus important car c’est alors un reflet « expressif » de l’entreprise)

La première chose que l’on apprend dans la négo/management c’est d’éviter les mots parasites qui peuvent faire reculer ou douter.

Ok, encore une fois, ça serait basé sur une success story mais cela fait partie du jeu "voilà comment nous avons gagné. cela vous intéresse de nous faire confiance ? ça sent bon l’étape suivante …

Il n’est pas nécessaire de rentrer dans les détails trop subjectifs d’un parcours (avec l’étalage de nos failles), il suffit simplement de raconter des expériences pro vécues (et réussies si possible) pour tenter de remporter l’adhésion, en s’adaptant bien sûr à sa cible.

Dans ce cadre, il n’y a pas meilleur scénario que celui inspiré par la vraie vie de l’entreprise.

Si tu va à une FailConf tu verras mieux :wink:

Je ne vois pas pourquoi il faut absolument limiter le storytelling (= l’art de raconter une histoire) à la vente.

Le storytelling, c’est l’art de raconter une histoire, il n’y a pas de rapport entre le cadre, ou l’objectif, de l’histoire et la façon de raconter une histoire. Et justement, c’est ce qu’on se rend compte dans l’anatomie du scénario, tu réalise que si « Le Parrain », « Tootsie » et « Citizen Kane » n’ont rien en commun, la construction de leur histoire est la même.

Le storytelling c’est simplement la réponse à une question:
« comment rendre une histoire intéressante et qui captivera l’auditoire »

J’ai un autre exemple d’utilisation du storytelling:
au début des Hackathon, il faut fédérer des gens à ton idée pour monter ton équipe, quoi de mieux que faire un petit coup de storytelling pour donner envie d’adhérer à ton idée ??

"au début des Hackathon, il faut fédérer des gens à ton idée pour monter ton équipe, quoi de mieux que faire un petit coup de storytelling pour donner envie d’adhérer à ton idée ??" . Je suis d’accord.

« Failconf », je ne connaissais pas. Merci

Attention : je ne suis pas contre le storytelling, bien au contraire, je considère simplement que cela comporte des atouts comme des limites.

Ok, disons que le storytelling peut ne pas être uniquement appliqué à la vente au sens strict. Dans ce cas, quel intérêt, quelle contrepartie, c’est quand même un évènement qui attend un retour quel qu’il soit. La vente peut s’entendre sous plusieurs formes (image, etc.)

Je vois mal, un dirigeant, dépensé du temps et de l’argent, juste pour les beaux yeux de l’auditoire, l’histoire doit bien servir une cause et aboutir à terme à un résultat, sauf si le dirigeant est résolu à le faire dans le vide et décide de raconter une histoire qui n’a aucun sens avec le centre stratégique de l’entreprise.

« Failconf » oui, généralité donc, adaptons les choses concrètement …
Maintenant, je mets un entrepreneur au défi, de raconter une histoire en faisant l’étalage de ses échecs, épreuves, et failles diverses, pour voir si ça marche et nous dire quels retours il en a retiré ?

Pour sûr, s’il est au « Failconf » ça marche, l’auditoire l’admire (!) mais pour un autre dirigeant, qui est en phase de conquête de marché / prospection ?

La grande question qui émerge derrière le storytelling est:

Est-ce que la communication doit se limiter aux réussites/points forts de l’entreprise ?

Je ne considère que non, on le voit souvent aux US des gens raconter des périodes difficiles de leur vie, le dernier exemple que j’ai c’est Darlena Cunha (Journaliste):
This is what happened when I drove my Mercedes to pick up food stamps

Et en bas on voit: +5000 comments

Les gens vont être touchés si tu racontes la vérité, cad: que t’a galéré comme eux. ça marche nettement mieux qu’une histoire de « winner ».

Un autre exemple: les banques.
En ce moment leur storytelling ce n’est pas la gagne, on est fort, on est des winner, etc …
c’est on est local, on est petit, on est mimi tout plein, on est bisounours …

ING fait son storytelling sur une entreprise jeune et dynamique via ses spots où on voit de braves jeunes cadres dynamiques (elle retire ses talons de cadre pour courir avec ses baskets de jeuns, car elle est dynamique)

ING fait un travail de fond pour se construire une image, cette image aidant par la suite à la vente (via une identification aux valeurs promues par l’entreprise).

Ici, on ne vend pas les points forts d’un produit par rapport à ces concurrents, mais on vend une histoire qui fera adhérer le prospect à l’entreprise (et donc acheter ses produits).

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@fabiendlc pense au story telling pour la ligne éditoriale de ton futur blog, c’est peut-être dans le brand content qu’il est le plus puissant.

@sgendrot a raison, peu de films ou livres on bien marché sans un opposant pour déclencher l’histoire (story) !!

Un film c’est : ils ont un problème, ils résolvent le problème, ils sont heureux et ont beaucoup d’enfants.

La comm d’entreprise béate démarre par la fin : ils sont heureux et ont beaucoup d’enfants.

Paye ton suspens :wink:

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Je viens de publier un article sur l’humour dans la communication qui rejoint en partie les concepts discutés ici (transparence, montrer les faiblesses, raconter une histoire).

Pensez à le partager si ça vous parle :wink:

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Un article sur le story telling :

A Crash Course in Marketing With Stories

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Voici un article que j’ai écrit sur le sujet :

Votre Story Telling manque de Négativité

De nombreux liens et références en fin d’article.

J’en écrirais un autre sur le schéma narratif.

Je récidive avec le décryptage de la vidéo de crowdfunding Flow Hive selon le schéma narratif. Il s’agit d’un père et son fils australiens qui ont levé 11 millions en crowdfunding sur Indiegogo pour leur ruche en plastique.

Le Schéma Narratif au service du Story Telling

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  1. je gagne 2) tu perds. Je peux même te dire les mots que tu veux entendre comme « zen ». J’ai bien saisi le principe à @plarcher, ça me plaît. Prends garde à toi @fabiendlc :slight_smile:
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C’est un haiku lol.

Au passage j’ai fait une version plus détaillée du décryptage de la vidéo de crowdfunding (sans l’article sur le schéma narratif).

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Ce message a été signalé par la communauté et temporairement masqué.

En marketing relationnel nous utilisons beaucoup les histoires. C’est une compétence à développer pour tout entrepreneur qui veut se faire mieux comprendre. De même, si vous voulez qu’on retienne ce que vous dites, vous devez créer une identification du client/prospect à ce que vous présentez.

L’histoire va forcément faire qu’il se rappelle de quelque chose, et automatiquement, ou naturellement, ou encore inconsciemment, sa « tête » va créer, à la vitesse de la lumière, des associations psychiques (avec des souvenirs, des projetions dans le futur, émotions, sensations, ou des situations présentes…). Et ainsi il va mieux adhérer au discours.

En plus, en MLM, raconter une histoire, sert parfois à lever une à une les barrières mentales (peurs, doutes, etc) du prospect. Et également à ne pas blesser son amour propre en lui proposant l’affaire ou un produit à acheter.

Avec l’histoire, lui même en son âme et conscience, comprend le truc, et voit si c’est fait pour lui ou non ! Il ne se dit pas : « celui là vient me vendre un truc, il me prend pour un âne ou quoi? ». Mais lui même capte la logique du concept, avec l’histoire, et il se félicite d’être malin de l’avoir compris sans que la personne en face ne le lui explique directement…

Pour finir, la première chose, très très importante, avec le storytelling, est de devenir un expert pour raconter sa propre histoire. C’est un outil puissant en marketing.

Si vous habitez la région Rhône-Alpes, un prof de l’em Grenoble est spécialiste du storytelling. Il donne des conférences dans le monde entier sur le sujet.
Il fait parfois des conférences sur Grenoble : John Sadowsky.

Un petit avis perso:
En B2C le storytelling est efficace si maîtrisé.

En B2B c’est moins le cas et Bill Gates, que tout le monde raille en comparant ses keynote à ceux de Steve Jobs, en est le parfait exemple (juste en rappel: l’hegemonie de Microsoft en grand compte).
Ses dernières conférences au TED montrent à quel point le non storytelling est aussi efficace aux vues des levées de fond réalisées suite aux 2 dernières.

Il utilise d’autres techniques tout aussi efficaces enseignées en management stratégique (mission, vision, but, objectif, ressources, stratégie, contrôle)

Quand l’achat a déclenché n’est pas émotionnel ou ne pouvant émotionnellement être influencé (B2B typiquement sur de gros volumes ou gros budgets) c’est bien plus probant.

Encore un bel exemple :

Schéma Narratif de Booking.yeah sur Slideshare

Proposé avec ❤ ️par Camille Roux