Que répondre quand on vous dit que votre idée existe déjà ?

“Ca existe déjà !”, je crois c’est l’expression que j’entends le plus dans les concours de pitch.
Bien évidement, sans rentrer dans le détail, toutes les idées se ressemblent. Pourtant, plein de startups ont connu de grands succès en créant quelque chose qui semblait déjà exister.

A votre avis, qu’elle est la meilleure réponse à donner à quelqu’un qui vous dit que votre idée existe déjà ?

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Je vois 3 possibilités :

  • Soit cela existe déjà et tu l’apportes à un autre segment de marché (territoire, CSP, etc.), ce qui implique tout de même des différences UX/marketing/features. Du coup la réponse serait “On est le XXX pour les YYY” (“On est le Facebook pour les chats”)
  • Soit cela est différent des solutions existantes et du coup tu as sans doute un problème de discours, car ton pitch ne met peut-être pas l’accent sur la différence, la key feature
  • Soit effectivement tu es le copy cat de quelqu’un d’autre et du coup le mieux est de l’assumer, revendiquer la taille de marché et expliquer la différence de positionnement commercial, sur un autre segment de marché que les concurrents.
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Avec une réponse comme celle d’ @alexandre je ne vois pas quoi ajouter d’autre si ce n’est "mais on s’en fout que ça existe déjà, en matière d’innovation, ce sont les seconds qui rencontrent le succès, notamment parce qu’ils tirent parti des erreurs des premiers donc tant mieux, ça m’évite e la R&D! "

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En premier lieu, je donne toujours l’exemple de Google, ils sont arrivé en dernier sur un marché saturé et ont tué toute la concurrence.

Ensuite, j’explique le problème/manque des autres solutions qui m’ont poussés à créer mon produit.
En regardant les startups qui ont réussi dans un marché saturé, j’ai l’impression qu’elles ont toujours le truc en plus que les autres n’avaient pas.
Du coup, il faut convaincre, non pas sur mon produit mais sur une fonctionnalité. (est-elle critique ? Difficile à dev ? Y-a-t’il une demande explicite de cette fonctionnalité ?? … etc)
Ce qui me semble plus facile.

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On peut copier une idée mais innover sur le packaging, les délais de productions, le SAV, le design, … on peut l’appliquer à une autre cible, un autre segment de marché…

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J’aime bien cette formulation parmi d’autres :

A competitive marketplace means that there’s a need for a solution, and there’s no way the biggest players are solving the problem for everyone. There’s always a (potentially profitable) niche to carve out, with the caveat that you can’t simply build another solution; you must build a better one for a targeted audience.

Why I Don’t Stress Over Competition Anymore > 1. Competition Validates Your Business

Sinon y’a quasi doublon avec : Que faire d’une idée qui a déjà des solutions ?

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Il y a bien plus d’une boulangerie / fleuriste / bar par village, partageant le même type de commerce, ce n’est pas pour cela que l’une empêche de faire tourner l’autre. Donc même si ton idée ressemble a une autre, elle peut tout aussi bien marcher tant que la passion, le bon moment et la chance sont la :smile:

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On peut répondre que:

  • l’idée existe déjà mais que l’on a étudié les besoins de la clientèle en profondeur et que l’on propose une réponse experte et personnalisée à cette cible que nul autre concurrent propose à ce jour.

  • on n’a pas la même promesse client, la même culture d’entreprise ni les même valeurs que les concurrents, ce qui nous distingue. Ces promesses client, culture d’E et valeurs sont appréciés; les témoignages clients en étant la preuve!

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Un contrepoint :

Une fois qu’une position a été prise par une entreprise américaine, il n’y a plus de rattrapage possible par une entreprise d’un autre pays. Il est impossible de créer un Google français, de même qu’il est impossible de développer DailyMotion face à YouTube ou de faire prospérer une activité de vente en ligne face à Amazon. Sauf à ce que l’entreprise dominante s’endorme sur ses lauriers (= MySpace défait par Facebook), il n’est plus possible de partir à l’assaut d’une filière une fois que sa transformation numérique est achevée.
(…)
Il n’y a pas de place dans les filières sujettes à la transformation numérique pour autre chose qu’un leader global.
http://colin-verdier.com/l-industrie-du-taxi-a-la-frontiere-de-l-innovation/

un autre

in most SaaS categories, you can and probably should try to do even better than this. You should try to kill your top competitor. Dead. Because it pays.
http://saastr.quora.com/Why-You-Should-Kill-Your-Competitor-in-SaaS

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Alors il y a un marché, donc de la demande puisqu’il y a “concurrence”. Amazing !

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il y a deux points à répondre selon moi :

  • Une idée n’est rien sans l’exécution, qui fait toute la valeur d’un projet. Ce qui compte avant tout c’est donc de faire.
  • Contrairement aux idées reçut, ce ne sont pas les premiers sur un marché qui le remporte : si il y a des chasseurs, il y a du gibier. Tant mieux.
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Je réponds : « On s’en fiche de l’idée. Tout dépend du problème auquel on veut répondre et comment on y répond. »

Et puis sinon, j’adore répéter cette citation de Picasso : « Les bons artistes copient, les grands artistes volent. »

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Ou un sophisme suivi d’une bulle ^^

Quand homme blanc couper beaucoup de bois, hiver très difficile !

La meilleure réponse c’est: “tant mieux”.

Ou alors de suggérer à Elon Musk d’arrêter Tesla vu que la première voiture électrique date du 19ième siècle.

A un concours de pitch on tente de prouver que l’idée est bonne (mais pas forcément unique) et que l’équipe est capable de bien exécuter. Bien sûr d’un point de vue concurrentiel, si l’idée a déjà été exploitée avec succès à grande échelle, sur le même marché cible, faut sans doute mieux en chercher une autre, sinon ça risque d’être pénible.

Mais s’il fallait ne créer qu’avec des idées originales, il n’y aurait pas beaucoup de startups.

Plein de bons arguments en googlant “ideas are worthless”.

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Le Bon Coin est typiquement un exemple de réussite sur un marché déjà bien occupé.
L’iPad, 10 ans après Tablet PC.

Après, pour prétendre à l’innovation, il faut que ce soit innovant. Techniquement ou commercialement.

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Il faut distinguer au moins 2 types de créations :

  • Les idées franchement innovantes. Les Facebook, Twitter… Des cas rarissimes.
  • L’immense majorité des créations, qui sont tout bonnement des idées classiques : une boulangerie, une pharmacie, là où il y a un besoin.

Ces derniers temps, on a fait un tel raffut en faveur des idées “innovantes” que certains entrepreneurs s’excuseraient presque de monter des business classiques. Ce sont pourtant les business les moins risqués (car dont les BM sont les plus connus et maitrisés) et donc les plus pérennes. Je me rappelle notamment le cas de cette dame - la cinquantaine - qui avait un super emplacement mais assez petit en centre-ville, pour faire de la restauration. Elle voulait à tout prix faire un truc “concept”, genre vendre des cupcakes avec Wifi gratuit et des expos d’artistes locaux. Mon conseil : faites du kebab.

Sérieusement, il faut être très solide pour monter des “concepts” innovants, alors que des affaires sûres se perdent pour des raisons quasiment de “mode”. Les entrepreneurs en herbe feraient parfois mieux de s’inspirer de l’hôtelier du coin plutôt que de Mark Zuckerberg : plus faisable, plus réaliste, plus probable.

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La réponse que je fais, la plus concise est : “ce n’est pas l’idée qui compte mais l’implémentation”
Exemple le moteur de recherche Google qui a fait oublier les autres (yahoo, altavista, …) grâce à son algorithme bien meilleur et le fameux PageRank. Il y a une tonne d’autres exemples.
Cependant pour comprendre cela il faut une forte culture tech comme aux US, en France ou la vision marketing/commercial prime sur la tech ce n’est pas gagné :slight_smile:

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Totalement d’accord avec la première partie de la réponse, mais je trouve la dernière trop restrictive. L’innovation ne se limite pas aux aspects techniques, mais aussi au marketing et à la commercialisation. Par exemple, Apple n’a pas innové techniquement, mais par son positionnement, son image et sa communication, ce qui a permis au iPod de prendre le pas sur Sony qui faisait déjà des lecteurs MP3. Il y a aussi un 3è type d’innovation, interne à l’entreprise, qui réside dans l’architecture de valeur. Par exemple le marketplace d’Amazon.

Dans tous les cas, il est vrai que les gens ont souvent tendance à sacraliser l’Idée au détriment de l’implémentation/exécution.

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Débat très intéressant d’autant plus que je ne suis pas du tout d’accord :wink:

Dire que Apple n’a pas innové techniquement c’est assez énorme. Le succès d’Apple est du en grande parti à leur écosystème ou tout leur device sont simplement intégré autour du Mac et encore plus maintenant avec iCloud, c’est bien la technique qui permet cela. Par exemple je peux m’abonner à des podcast via iTunes qui sont synchronisés sur mon iPod, iPhone, idem pour les achats via l’itunes/appstore … Sans parler de la fluidité et l’IHM de iOS qui est 100 fois plus agréable que n’importe quel autre simple lecteur MP3 meme sony…
Je ne tiens pas à dénigrer le marketing mais simplement le remettre à sa place.
Le moteur de recherche Google a innové en 1998 en proposant une simple page blanche à la place des autres moteur surchargé. C’était une innovation marketing très visionnaire, mais sans leur algo derrière ca ne vaut rien. Le design d’Apple est bien aussi très en avance, mais sans un matériel et du software propre et rapide ca ne vaut rien.
La technique c’est 80% de la réussite d’une startup à mon avis, avoir une belle app ou un beau site qui bug ou ne tient pas la charge c’est laisser la porte ouverte à un concurrent qui fera mieux le job.
Amazon techniquement c’est une énormité également, qu’un simple site de vente de livre au début deviennent un des leaders du cloud (Amazon AWS) et des machines virtuelles, ca aurait été une vision impossible en France. Aux US ils ont cette vision de la valeur de la tech…
La tech c’est le socle sur lequel peut s’appuyer le marketing, ensuite :smile:

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Bien sûr que la technique est fondamentale, on parle bien de produits techniques. Une appli Web lente ou qui ne tient pas la charge, c’est juste invendable, peu importe le marketing derrière. En ce sens, je te rejoins quand tu dis que c’est le “socle sur lequel peut s’appuyer le marketing”.

Mais ma remarque portait sur l’innovation. Je faisais remarquer que l’innovation peut-être purement technique, par exemple un nouveau format (MP4), un nouveau support (écrans LCD), ou une nouvelle interface (tactile).
Puis tu as l’innovation d’usage, qui serait de regrouper les 3 exemples précédents pour un nouvel usage (une tablette tactile). Ce type d’innovation serait mixte technique-marketing.
Enfin, tu as l’innovation purement marketing. C’est le fait de dire : “on va vendre cette tablette comme un produit statutaire à des 18-35 ans à 3 fois le prix du marché dans des magasins expérientiels en propre”. Et là, tu as l’iPad :wink:

D’ailleurs, le marché des tablettes a décollé avec l’iPad, alors que Crosoft avait pondu un truc approchant 10 ans auparavant. Conclusion : pour un succès, la technique est nécessaire mais non suffisante.

Pour l’anecdote : la recette du Coca n’est pas secrète du tout, elle est publique, tout comme son procédé de fabrication. Mais chez Coca, ils savent bien que c’est leur marketing qui fait vendre, et pas le goût de la boisson (cf le Pepsi Challenge).

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Proposé avec ❤ ️par Camille Roux